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Domaine français La Rivière draguée, d’Arno Calleja

novembre 2021 | Le Matricule des Anges n°228 | par Guillaume Contré

La Rivière draguée

L’écriture d’Arno Calleja, même quand elle se fait narrative, est avant tout celle d’un poète. C’est une écriture paradoxalement dense et limpide dans sa simplicité, faite de courts paragraphes chargés d’images comme est chargée d’objets, de détritus, de branches cassées, de bouteilles vides, la rivière qui est le personnage principal de ce récit condensé, qui fut écrit lors d’une résidence de l’écrivain à Taïwan.
La Rivière draguée raconte en fragments, à travers les monologues de plusieurs personnages (y compris la rivière et une morte, en de belles prosopopées), un meurtre inexpliqué, la découverte sur les berges d’une rivière taïwanaise du corps sans vie d’une petite fille : « Voilà. On a un corps. Il est recouvert par deux sacs. Un sac recouvre la tête. Et un autre sac le reste du corps ». Mais, plutôt qu’un récit policier (malgré la présence d’un « enquêteur » aux « os cassés »), le livre de Calleja tend vers le mythe et donne à un fait divers sordide une puissance légendaire, où les éléments – comme autant de puissances divines – ont un rôle prépondérant. La fillette est découverte quand la rivière déborde, et la rivière elle-même, consciente du poids terrible de ce corps que l’assassin présumé, « l’homme au sac plastique », la force à trimballer, essaie de toutes ses forces de la rejeter sur la rive : « Bien sûr, j’ai essayé des choses pendant trois semaines. J’ai voulu changer la loi. Inverser mes courants. Diriger ma force vers le haut, pousser jusqu’à la surface, entraîner le paquet à la surface, le mettre au jour. J’ai inventé des mouvements inédits, des postures jamais vues. »
La rivière, d’ailleurs, comme l’annonce le début du récit, avec ses atours trompeurs de fable asiatique, est entourée de statues de déesses, dont la tête de l’une, autre énigme irrésolue, est mystérieusement coupée. Il y a dans ce bref livre la puissance d’un grand récit, une matière de conte, car « on dit beaucoup d’histoires » et ces histoires touchent à des principes d’avant les mots, qui nous touchent au cœur.

Guillaume Contré

La Rivière draguée
Arno Calleja
Éditions Vanloo, 76 pages, 12 e

La Rivière draguée, d’Arno Calleja Par Guillaume Contré
Le Matricule des Anges n°228 , novembre 2021.
LMDA papier n°228
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