La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Bleu nuit

janvier 2022 | Le Matricule des Anges n°229 | par Anthony Dufraisse

Je veux que toute ma vie d’avant brûle doucement et tombe en cendres ». Telle est, répétée dans le secret du for intérieur, la prière d’un homme qui a fait le choix de vivre dans la rue après avoir appris la mort du seul amour de sa vie. Vœu pieux, tant les souvenirs de son existence passée, là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée, s’entêtent à ne pas vouloir passer. Toute la gamme des bleus du ciel de son pays natal s’imprime sur sa rétine malgré lui : « J’arpente le quartier en long et en large en évitant mon ancienne rue et la rue du Liban. Il suffit que je me rapproche de la rue du Liban pour me mettre à trembler comme un possédé ». Parisienne d’adoption depuis ses 12 ans mais née libanaise, Dima Abdallah, comme dans son poignant premier roman Mauvaises herbes, aborde de nouveau la question des origines et des racines, de ce qui nous détermine, de ce qui rumine en nous. À peine moins touchant, son deuxième roman nous met dans les pas d’un homme qui a noué un « pacte avec la rue » dans l’espoir qu’elle siphonne sa mémoire, qu’elle le purge et, peut-être aussi, le purifie. Dans son errance autour du Père-Lachaise (« Il n’y a pas cimetière moins sordide  »), il va faire des rencontres féminines qui seront autant de révélateurs de son monde intérieur, tourmenté, ou du monde tout court, qui ne tourne pas vraiment rond. Le noctambule du macadam parisien est donc surtout un funambule qui marche « sur le fil tendu au-dessus des abysses de la mémoire ». Jamais « l’habitant des trottoirs » n’arrivera à repousser les fantômes d’une autre époque ; vaines sont ses incantations et sans effet les dérivatifs artificiels auxquels il recourt. Il y a une forme d’urgence dans le nouveau livre de Dima Abdallah ; la sensibilité écorchée de la romancière écorce un être à vif, avide d’un impossible renouveau. Et puis elle donne chair, avec délicatesse, à ces silhouettes devenues invisibles qui sont, dans les rues de nos villes, comme des herbes folles.

Anthony Dufraisse

Bleu nuit
Dima Abdallah
Sabine Wespieser, 230 pages, 20

Le Matricule des Anges n°229 , janvier 2022.
LMDA papier n°229
6,50 
LMDA PDF n°229
4,00