La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Le Seul héritage

janvier 2022 | Le Matricule des Anges n°229 | par Éric Dussert

Michel Volkovitch et Hélène Zervas nous apportent le recueil de textes courts du Grec Yórgos Ioánnou (1927-1985) qui manquait encore à sa trilogie : On a sa fierté (1964), Le Sarcophage (Le Miel des anges, 2018) et Le Seul Héritage (id., 2020). À la fois journal et recueil de proses courtes, l’ensemble des formidables nouvelles de cet étonnant Grec peut prendre sa place légitime dans les lettres du siècle dernier pour les lecteurs francophones. Sous des allures simples mais non exemptes de fièvres et d’ombres, Ioánnou y dit aussi nettement qu’il le peut la solitude, les amours et les désespoirs, les peurs et les alliances temporaires dans la sexualité auprès de laquelle rôdent parfois la mort, souvent la violence et, quelquefois, le sacré, n’oubliant jamais de révéler ses propres frasques. « Le samedi soir, d’habitude, je craque, et dès qu’il fait bien nuit, je me mets en route comme un voleur vers le sommet de la montagne qui nous domine. » Dans une écriture ramassée, souvent sibylline, il raconte la période âpre de l’Occupation, sa perpétuelle angoisse d’être mis à nu et le sentiment de culpabilité qui le pousse à se terrer. On a sa fierté s’ouvre d’ailleurs sur « Cellules », où il détaille l’intérêt des lieux fermés de petite taille, de la cellule monastique aux toilettes. Et là, il semble donc que les grands esprits se rencontrent autour de ce besoin d’Une chambre à soi de Virginia Woolf ou, plus étonnamment, avec le Piotrus de Leo Lipski : « Je serai très heureux lorsque, d’une façon ou d’une autre, j’aurai l’usage dans cette ville d’une pareille cellule à moi. Pour éviter le danger des voitures et des bonjours écumants de mes connaissances. Ou, lorsque je rentre dans tous mes états, pour que je puisse m’y enfermer, qu’on ne me trouve pas facilement ; et si l’on me trouve – quand on jugera que l’heure est venue –, que je sois fin prêt pour plaider, pour leur prouver leur erreur une fois pour toutes. » Bref, Yórgos Ioánnou un classique pour demain.

Éric Dussert

On a sa fierté
Yórgos Ioánnou
Traduit du grec par Hélène Zervas et Michel Volkovitch
Le Miel des anges, 116 p., 12

Le Matricule des Anges n°229 , janvier 2022.
LMDA papier n°229
6,50 
LMDA PDF n°229
4,00