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Domaine français Le Gars qui allait quelque part

septembre 2024 | Le Matricule des Anges n°256 | par Éric Dussert

Le Gars qui allait quelque part

C’est un étrange objet littéraire que le premier roman de Michel Bezbakh, Le Gars qui allait quelque part. Et l’on ne peut guère douter qu’il y va effectivement, quelque part, étant donné la façon qu’il a de se jeter comme une balle dans son récit, en usant d’une langue qui n’a pas pris le temps de se mettre un coup de peigne. Pour tout dire, son narrateur a vaguement l’air forcené. Comme dans un film de la Nouvelle Vague, il saute dans sa voiture, prend l’autoroute pour une destination inconnue, et songe tout haut durant son trajet. Et de frites et de clopes et de sa femme et de son fils. Il accumule les commentaires plutôt tristes, toujours vulgaires, plantant un personnage d’indécrottable beauf à tendance footballistique. Au fil des kilomètres, il vide le sac de sa vie et raconte sans chichi comment il a perdu peu à peu les pédales, sa compagne et son fils à partir du moment où ce dernier a démontré nettement que la baballe ne l’intéressait pas. Point de départ d’une grave mésentente. Son gamin n’est pas comme ceux des copains qui aiment le stade et son ambiance. Celui-ci est un peu particulier, il est plus à l’aise avec Cendrillon qu’avec Musclor. Et la honte et la douleur sont ce qui murent le père dans un rejet silencieux, jusqu’au départ de l’enfant, qui provoque celui de sa mère. « C’est vraiment une histoire de merde quand j’y repense, je vois ça dans un film je lui chie dans la bouche au scénariste, t’as pas le droit d’inventer un truc aussi nul, et pourtant Dieu sait qu’il y a des films comme ça, Dieu sait qu’il y a des scénaristes de merde, et d’ailleurs Dieu est un scénariste assez médiocre, lui et ses potes y a des fois où ils fument beaucoup trop de shit ». Avec des mots qui s’assagissent peu à peu, on assiste au lent cheminement d’un père à l’horizon étroit. Il partait de loin, et il arrive quelque part. On ne va pas vous dire où, on n’est pas un critique de merde, mais ça valait la peine. Même pour les lecteurs.

Éric Dussert

Le Gars qui allait quelque part,
de Michel Bezbakh
Buchet-Chastel, 144 pages, 17,50

Le Gars qui allait quelque part Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°256 , septembre 2024.
LMDA papier n°256
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°256
4,50