auteur Éric Vuillard
A propos
Quitter les origines, voir le monde
Écrivain discret, le Goncourt 2017 rechigne à se raconter. On retient son désir de fuir la bourgeoisie lyonnaise, un appel du large et des paysages, une passion pour la poésie. Mais surtout son œuvre rigoureuse qui prend la défense des laborieux. Sans faiblir.
En septembre 2016 Le Matricule des Anges consacrait son dossier de rentrée à l’œuvre d’Éric Vuillard qui faisait paraître 14 Juillet (Actes Sud) dans lequel il redonnait à la rue la paternité de la Révolution. Un an plus tard, paraissait L’Ordre du jour, formidable récit sur le soutien apporté à Hitler par les industriels et financiers allemands. Un livre prémonitoire au regard de la situation actuelle qui lui a valu le prix Goncourt 2017. Cette année-là les jurés avaient su récompenser une écriture de grande tenue portée par une pensée exigeante. Depuis, deux autres titres ont paru, La...
Les leçons de l’histoire
En liant entre eux quelques jalons de la montée du nazisme et du régime hitlérien, Éric Vuillard instruit le procès de ces barons d’industrie qui se sont compromis. Et ont survécu.
Nous sommes le 20 février 1933 et voici « vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois-pièces » qui pénètrent dans le palais du Président de l’Assemblée, (« mais bientôt il n’y aura plus d’Assemblée ») pour apporter, en secret, leur soutien à Adolf Hitler. Ces vingt-quatre-là sont des barons de l’industrie...
L’homme errant
Né sous le signe de la révolte, Éric Vuillard publie aujourd’hui un livre sur la Révolution française. Une manière de rendre prégnant le rôle politique de la littérature.
Il est rare de trouver dans une œuvre littéraire aussi peu d’éléments biographiques sur l’auteur qui l’a composée. Depuis Conquistadors, au moins, les livres d’Éric Vuillard peuvent tout au plus nous révéler de leur auteur de quoi sont faits ses colères et ses penchants. Dans les causes des premières on mettra pêle-mêle les puissants, une certaine bourgeoisie, le capitalisme, la morgue. Du...
Ouvrages chroniqués
Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid
de
Éric Vuillard
2026
En débarrassant la figure de Billy the Kid de la poussière d’or de sa légende, Éric Vuillard met au jour les fondations corrompues de l’Amérique. Et porte le deuil de l’enfance libre.
Il a 17 ans et il vient de tuer un homme. C’est son premier crime mais pas son premier délit : William Bonney, qui ne sera appelé Billy the Kid que bien plus tard, est encore un gamin quand il vole « quelques livres de beurre. Le beurre, c’est de la nourriture. Cela sent un peu la faim, la nécessité, le dénuement. » Puis ce sont quelques fringues que l’orphelin chaparde dans une blanchisserie et qui lui vaudront de connaître la prison, dont il s’évadera. On ne sait pas grand-chose de lui, même son nom est incertain, trop pauvre pour s’assurer un patronyme. Face au vide biographique, Éric...
Une sortie honorable
de
Éric Vuillard
2022
Le onzième livre d’Éric Vuillard pointe la responsabilité de la bourgeoisie et de la finance dans les massacres de la guerre d’Indochine. Dans un style impitoyablement vif.
En abordant la guerre d’Indochine, Éric Vuillard poursuit son entreprise de réappropriation de l’Histoire. Dans les coulisses de celle communément transmise où les dates et les batailles cristallisent l’attention, masquant ainsi la raison même des conflits. Une sortie honorable montre la responsabilité d’une classe dirigeante engoncée dans son confort bourgeois, le cynisme de la finance et la puissance d’un impérialisme américain sans vergogne. Le récit tient autant dans le style, éclatant, que dans ce qu’il dénonce et l’on tangue, le lisant, entre l’émotion née de la beauté des phrases...
La Guerre des pauvres
de
Éric Vuillard
2019
S’abreuvant aux révoltes paysannes des siècles passés, Éric Vuillard déterre les fondations d’une guerre dont les feux brûlent encore. En écho aux samedis jaunes.
C’est une lecture envoûtante à laquelle nous convie le nouvel opus d’Éric Vuillard : on y entend sans faiblir rugir l’actualité sous le récit de révoltes anciennes. « Pourquoi le dieu des pauvres était-il si bizarrement du côté des riches, avec les riches, sans cesse ? » se demande Thomas Müntzer, le prédicateur à l’origine de la guerre des paysans au XVIe siècle, figure centrale de ce récit. Et avant lui, ce fut Wyclif, probable traducteur de la Bible en anglais et précurseur de la Réforme, qui voulait que les papes soient tirés au sort et qui « pour finir, eut sa plus terrible idée, et...







