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Dossier La littérature nous sauvera
Rendez-vous avec l’Histoire

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200 | par Thierry Guichard

S’abreuvant aux révoltes paysannes des siècles passés, Éric Vuillard déterre les fondations d’une guerre dont les feux brûlent encore. En écho aux samedis jaunes.

La Guerre des pauvres

La littérature nous sauvera

C’est une lecture envoûtante à laquelle nous convie le nouvel opus d’Éric Vuillard : on y entend sans faiblir rugir l’actualité sous le récit de révoltes anciennes. « Pourquoi le dieu des pauvres était-il si bizarrement du côté des riches, avec les riches, sans cesse ? » se demande Thomas Müntzer, le prédicateur à l’origine de la guerre des paysans au XVIe siècle, figure centrale de ce récit. Et avant lui, ce fut Wyclif, probable traducteur de la Bible en anglais et précurseur de la Réforme, qui voulait que les papes soient tirés au sort et qui « pour finir, eut sa plus terrible idée, et prôna l’égalité des hommes ». Wyclif influença John Ball qui mena la révolte des paysans en 1380 en Angleterre après que les autorités avaient voté une nouvelle poll tax.
Amorçant une histoire de cette guerre des pauvres qui ne semble pas achevée, Éric Vuillard s’arrête donc sur la figure de Thomas Müntzer dont le père, avant lui, fut également exécuté par le pouvoir : « Et puis, lui se souvenait du cadavre de son père, de sa langue énorme comme une parole unique qui aurait séché. » Dans la lignée de Wyclif et Ball, Müntzer prend les textes sacrés à la lettre et veut que les puissants se soumettent aussi aux règles qu’ils imposent au peuple. Comme ses prédécesseurs, il « veu(len)t se tenir nu(s) dans la vérité. » et on va le suivre en Bohême où : « il suit le fil brûlant de son désir (…) et ce n’est pas le même désir qui vous fait cardinal et qui vous fait Thomas Müntzer. Lui, une chose terrible l’habite, le secoue. Il est en colère. Il veut la peau des puissants ».
Si la lecture de ce récit, en pleine révolte des gilets jaunes, a de quoi troubler, c’est aussi que Vuillard y déploie une langue tendue et cinglante, vive et rageuse dans une composition de peintre ou de musicien. Une œuvre sans graisse superflue où brillent encore les braises d’un feu qui court dans la langue quand celle-ci vise à s’approcher au plus près d’une vérité où les hommes sont nus.

Éric Vuillard, La Guerre des pauvres fait un écho étrange avec l’actuel mouvement des gilets jaunes. Comment avez-vous pris en compte l’actualité dans la publication de ce récit ?
Quand Balzac écrivait La Comédie Humaine, la comédie avait depuis longtemps commencé, et elle se poursuit d’ailleurs allégrement ! Dans un monde où les inégalités sont vertigineuses, il est au fond assez normal que les gens soient mécontents, et que des révoltes se produisent ; ce sont les fameuses révoltes logiques du poète.
La Guerre des pauvres, qui raconte un soulèvement populaire pendant la Réforme, était écrit depuis longtemps, mais la situation à laquelle le livre fait écho était déjà mûre. La concentration extrême des richesses, dont nous sommes tous les témoins effarés, aura pour conséquence universelle des soulèvements populaires, je n’en ai jamais douté. Les gens naissent libres et égaux, à ce qu’il paraît ; il est donc naturel qu’ils prennent le pouvoir au mot.
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