La rédaction Catherine Simon
Articles
Hanadi et ses spectres
De Paris à Beyrouth, la romancière libanaise Hoda Barakat met en scène une femme frappée d’une malédiction, symbole d’une violence qui façonne les êtres, leur désespoir et leurs destins.
Il faut bien nommer les choses, même celles que l’on ne voit pas », se dit Hanadi, la narratrice, assise à l’ombre d’un saule, dans un endroit qu’elle appelle le « bord du fleuve ». Ce n’est pourtant « qu’une sorte de chemin bétonné, légè- rement creusé en son milieu », reconnaît-elle, un lit de béton où rien ne coule, sinon « un liquide de couleur sombre », probablement « celui des égouts ». Hanadi n’en a cure. Ici, dans ce coin reculé d’une banlieue de Beyrouth, les enfants ne lui jettent pas de pierres, les chiens errants ne la poursuivent pas. Finalement, constate-t-elle, tout désolé...
Modernité Soudan
Du Darfour à Zanzibar, des janjawids et au sultanat d’Oman, Abdelaziz Baraka Sakin raconte, avec truculence, le temps long de la guerre et de l’esclavage.
Né en 1963, Abdelaziz Baraka Sakin est l’un des écrivains parmi les plus célèbres au Soudan, son pays natal, comme dans le monde arabe. Bien qu’il ait publié une vingtaine de livres (édités principalement en Égypte et en Syrie), seulement trois de ses romans ont été à ce jour traduits en français, aux éditions Zulma. L’un d’eux, Les Jango, récit pétaradant, plein d’humour et de sexe, qui met...
Le feu de la liberté
Entre conte oriental et récit initiatique, les voyages extraordinaires d’une esclave aux Comores, par Touhfat Mouhtare.
Édité à Marseille, où vit une importante communauté d’origine comorienne, Le Feu du milieu est le troisième livre de Touhfat Mouhtare, elle-même née à Moroni en 1986 et installée depuis plusieurs années en France. Issue d’une famille aisée, ayant très tôt le goût d’écrire, la jeune femme a étudié les langues étrangères à la Sorbonne, après une enfance nomade, parfois mouvementée : ce...
Les fantômes de Mia Couto
Retournant sur les chemins de son enfance, l’écrivain mozambicain raconte en écho les luttes de l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise.
Mia Couto est né en 1955 au Mozambique, au sud-est de l’Afrique, sur les côtes de l’océan Indien : il a 20 ans quand le pays proclame son indépendance, en 1975, mettant fin à l’oppression coloniale. La présence portugaise, ancienne – les premiers comptoirs ont été établis dès le milieu du XVe siècle – ne s’efface pas complètement, toutefois. La langue portugaise, langue officielle du...
Fragments du saccage
Les derniers mots d’une ville sous la guerre, par Samira al-Khalil
Ce n’est pas un roman, à peine un récit : une femme prise au piège de la guerre raconte la survie dans une ville assiégée, que l’aviation pilonne et que le monde oublie. Elle raconte les quartiers désertés. « Désormais, ce sont des ventres ouverts devant toi, avec les affaires des gens et les débris des jouets de leurs enfants, leurs rubans de cheveux, leurs vêtements, leurs chaussures...





