La rédaction Catherine Simon
Articles
Le ravin des apatrides
Fantasy africaine au creux d’un bidonville, par Mahmoud Soumaré.
C’est un roman biscornu, à la fois doux et trash. Son auteur, Mahmoud Soumaré, né à Bamako en 1948, est professeur de mathématiques à l’université d’Abidjan. Amoureux de littérature, il s’est mis à écrire sur le tard, après avoir, devine-t-on, beaucoup vécu, beaucoup lu – et observé le monde de son œil de rêveur sagace.
Le phalanstère qu’il a imaginé, sorte de favella ivoirienne, où trône, roi sans couronne, un lépreux exilé, le vieux Baba Mathus (alias Mathusalem, dit « le patriarche » ou « l’Honorable »), accueille dans ses cahutes les miséreux et les parias. Ceux et celles,...
Contre toute attente
De Patience à Winnie (Mandela), l’écrivain sud-africain Njabulo Ndebele suit le parcours de solitude de femmes délaissées par leurs maris.
Elles sont des millions sur la planète, les descendantes de Pénélope : des femmes qui attendent ad vitam le retour d’un mari, d’un amant, et dont on loue, non sans perversité, « l’exemplaire fidélité ». En Europe, on a patienté jusqu’aux années 1970 et à Barbara (Dis, quand reviendras-tu ?), pour voir enfin raillée l’assommante « vertu » des « femmes de marin ». Idem ou presque en Afrique du...
Le Faux-Fils de Mohand Paul Jean-Louis
Ce n’est pas la première fois que l’auteur, un « métis parisien-kabyle », comme il se désigne lui-même, aborde le thème de l’enfance maltraitée – la sienne, en grande partie. Il l’avait évoquée dans Les Pseudonymes, roman autoédité (Ressouvenances) en 2017. Il y revient avec un roman sombre, étrange, percutant. Le héros de l’histoire, Jean-Pierre, un gamin d’à peine 7 ans, est persuadé...
Le chant des maudits
Mêlant liens du sang, mythes et légendes, Jennifer Nansubuga Makumbi compose une ode puissante à son pays, l’Ouganda.
Ma malédiction est un indémodable filon. Encore faut-il savoir y faire. Jennifer Nansubuga Makumbi a-t-elle lu Les Pêcheurs (L’Olivier, 2016), le beau roman de Chigozie Obioma, qui plante sa tragédie, comme on dresse sa tente pour la nuit, au bord du fleuve Omi-Ala ? En exergue de son livre, Obioma cite le poète sud-africain Mazisi Kunene : « Les enfants qui ont foulé les tombes de nos...
La Fortuna de Françoise Gallo
Flotte sur le vide de la mer africaine comme sur l’étendue de ta vie. Dis-toi et redis-toi : J’ai bien fait de partir ! Dissous ta peur dans l’écume, noie tes doutes un par un, jette aux poissons tes pires souvenirs… » La jeune femme qui monologue ainsi, calée au fond d’une barque en partance clandestine pour « cette terre où le travail abonde, petite Amérique promise aux familles » en quête...





