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Domaine français Le Faux-Fils

novembre 2019 | Le Matricule des Anges n°208 | par Catherine Simon

Ce n’est pas la première fois que l’auteur, un « métis parisien-kabyle », comme il se désigne lui-même, aborde le thème de l’enfance maltraitée – la sienne, en grande partie. Il l’avait évoquée dans Les Pseudonymes, roman autoédité (Ressouvenances) en 2017. Il y revient avec un roman sombre, étrange, percutant. Le héros de l’histoire, Jean-Pierre, un gamin d’à peine 7 ans, est persuadé d’être un « Français pure souche »,« d’une Parisienne venue d’Auvergne et d’un petit Tourangeau râblé ». Son malheur vient d’abord de là : de ce mensonge familial, dans lequel il grandit, auquel s’ajoutent les cruautés sans nom, les grossièretés racistes et les coups, souvent très violents, que lui assène sans crier gare son « faux-père », Michel, un beauf infantile et méchant, à qui il sert de souffre-douleur.
Il y a du Jules Renard (Poil de Carotte) et de l’Édouard Louis (Eddy Bellegueule) dans ce roman de noire révolte, composé de scènes courtes, à l’écriture resserrée. Sauf qu’ici, c’est la guerre d’Algérie : la famille de Jean-Pierre vit dans le XIIIe arrondissement de Paris, du côté de la rue Nationale, un quartier misérable peuplé d’immigrés maghrébins et de prolétaires français. La mère, Raymonde, une ancienne ouvrière, a eu une brève liaison avec un Algérien, un Kabyle, membre du FLN – un « crouillat », résume Michel, qui a adopté, de mauvaise grâce, le petit bâtard, issue de cette scandaleuse union.
Très vite, le lecteur devine le drame enfoui. Le jeune héros, lui, mettra des années avant d’apprendre la vérité, de trouver les mots justes. À l’image de l’auteur, devenu un professionnel du livre. Correcteur, metteur en page, éditeur, Jean-Louis Mohand Paul signe, avec Le Faux-fils, la chronique amère d’une enfance bafouée, où les parents prolos sont d’ordinaires salauds, mais où la lecture de Jules Verne, de Jack London ou de Kipling donne la force de résister.

Catherine Simon

Le Faux-fils, de Jean-Louis Mohand Paul
Al Manar, 124 pages, 17

Le Matricule des Anges n°208 , novembre 2019.
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