La rédaction Martine Laval
Articles
Gino, artiste de la découpe
L’Italien Dario Voltolini met en scène son père boucher sur le marché de Turin. Hivernal, entre réalisme et délicatesse, est un adieu au paternel et aussi un hommage au travail. Puissant.
Clope au bec, une Nazionale sans filtre, et long couteau à la main, Gino règne en maître derrière son étal, en une chorégraphie réglée au millimètre, mais lui ne dirait pas chorégraphie, il dirait : travail. Il lui faut faire vite, les clients se pressent, s’impatientent. Au marché de Turin, le Porta Palazzo, ça grouille de monde et de bidoche. Gino achète des agneaux, la bête entière, la découpe, et la vend. Autour de lui, ses collègues s’agitent de même. Chacun sa spécialité, il y a ceux des lapins, des cochons, des bœufs. Ils s’apostrophent, blaguent, font crisser les lames, tapent du...
Écrivain par effraction
Le nouveau roman de l’Espagnol Ricardo Menéndez Salmón est une envolée surprenante aussi lyrique que métaphysique sur l’enfance et la littérature.
Allez savoir pourquoi… Souvent dans les romans de Ricardo Menéndez Salmón, les choses – les événements, les histoires, les coïncidences, les personnages – vont par trois. Le Correcteur, La Philosophie en hiver, Débâcle – pour ne citer que… trois titres – décline chacun à leur manière le cours de l’aujourd’hui, l’Espagne, le monde, la littérature, la vie et la mort, certes, mais plus loin,...
Rome rouge sang
Crimes, débauches et tutti quanti. Signée Giancarlo De Cataldo et Carlo Bonni, une virée dans la cité romaine livrée aux gangs et au désespoir.
Suburra ou la magie de réduire au silence les palabres existentielles : « Tu veux changer le monde. Mais le monde ne change pas. Il se gouverne. » Lecteurs qui avaient encore des illusions, qui aimeraient imaginer un peu de vérité, ou de sérénité – oubliez la tendresse ici elle n’est pas vraiment au menu – bienvenue dans le monde cruel plus vrai que nature du nouveau roman que Giancarlo De...
Le goût de la vérité
Avec L’Imposteur, l’Espagnol Javier Cercas nous entraîne dans la fabrique de la littérature. Quand notre besoin de fiction, de rêves, d’utopies, emprunte les chemins du mensonge.
Quand on lit les livres de Javier Cercas, Les Soldats de Salamine, Anatomie d’un instant ou le tout dernier L’Imposteur, il faut rester vigilant. C’est l’auteur lui-même qui l’écrit : « Il faut rester vigilant. Si on ne l’est pas, on se fait niquer. Si on arrive à une conclusion sur lui (lui, Enric Marco, « le personnage » de L’Imposteur), on se fait niquer. Si on croit qu’on l’a compris et...
Un auteur
« Il écrivait des choses terribles »
Un beau jour, à force de trimer, Carver osa faire du Carver. Ou Carver devint Carver, un type capable d’inventer des histoires si intemporelles qu’elles sont encore aujourd’hui pertinentes, qu’elles font toujours tilt chez le lecteur. C’est à cela, paraît-il que l’on reconnaît les grands écrivains. Ils ne défient pas le temps, ils sont hors du temps. Nombreux sont les lecteurs, écrivains ou...





