La rédaction Thierry Guichard
Articles
Éros, Thanatos, harengs
Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance.
Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins.
Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
Un livre
Fusées N°1
Fusées ou musée vivant ?
Bien profilée, Fusées mêle peinture et poésie, dans une esthétique qui lui confère son unité. Quand les avant-gardes deviennent des valeurs sûres.
Il paraîtra étrange de reprocher à une revue sa trop grande qualité esthétique. C’est pourtant ce que l’on serait tenté de faire face à ce numéro 1 de Fusées. Cette revue annuelle, lancée par le peintre et éditeur Mathias Pérez, regroupe des poètes et des plasticiens. Citons, entre autres, Olivier Devers, Daniel Dezeuze, Hubert Lucot, Christian Prigent ou Claude Vialat, écrivains et peintres...
Un auteur
Des milliers d’amis
Ironiques et tendres souvent, les récits de Pierre Autin-Grenier balaient un quotidien enchanté et tissent, par les mots, les liens de la fraternité.
Quand Pierre Autin-Grenier n’écrit pas de courts récits aux titres résolument conquérants (Je ne suis pas un héros ou Toute une vie bien ratée), on a quelque chance de le rencontrer au bar des glaces devant un verre de blanc. L’écrivain aime qu’on le précise : d’abord parce qu’il ne rechigne pas à l’idée de recevoir la visite de ses lecteurs et ensuite parce qu’il imagine qu’une citation dans...
Le Matricule en ligne
En plus de votre magazine, Le Matricule des Anges lance une édition sur le web. Visite guidée d’un lieu où nous vous donnons rendez-vous.
C’est parti ! Sans vouloir jouer les anges du futur, nous avons décidé de mettre Le Matricule en ligne : entendez sur le web, sur la toile, sur le grand réseau… Depuis la mi-décembre, il est désormais possible de retrouver les articles parus dans les différents numéros de la revue en se connectant, sur le web, à l’adresse suivante : http://www.oike.com/lmda.
A l’heure actuelle, seuls les...
Un livre
Carnets des refuges
de
Daniel Biga
Carnets des refuges
De format allongé (28/20 cm), cet ouvrage mêle la poésie de Daniel Biga à une multitude de croquis, collages, photographies.Pour ceux qui connaissent la voix, toujours humble, attachante et sincère de Biga, une telle débauche esthétique surprendra.Car ce livre est beau, dans ses couleurs de couverture, sa mise en page et dans le choix d’un papier lourd et granuleux. La mise en page crée un...
Médiatocs – chronique
Pare-chocs du moi
Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage….
Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
Un âne, des mots
Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante.
Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
“ Les mecs, on la perd ! “
Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos.
Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
Courrier du lecteur – chronique
La preuve par huit
Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement.
Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même…
Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...


