La rédaction Thierry Guichard
Articles
Éros, Thanatos, harengs
Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance.
Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins.
Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
Un éditeur
Pas d’histoire !
Les éditions Climats reçoivent en moyenne trois manuscrits par jour. Chacun est enregistré et un accusé de réception est envoyé : « on prévient l’auteur qu’un délai de trois mois est nécessaire, mais je ne tiens plus la distance, je vais devoir changer cela. J’essaie de regarder ce qui arrive un peu tous les jours, mais je n’y arrive pas. Alors tous les 15 jours, trois semaines, je prends une...
Des livres
La Sape N° 43-44
Archives N°5
Cain N°21
N°s Spéciaux
Représentant de ce qu’il nomme « le lyrisme critique », le poète et essayiste, Jean-Michel Maulpoix se voit consacré par le numéro 43-44 de La Sape. Au sommaire de ce dossier, deux textes inédits de Maulpoix qui inaugure là, une nouvelle veine de son œuvre avec des phrases qui s’enchaînent comme des aphorismes. Suit une note biographique rédigée par l’intéressé et, surtout, un très long...
Un livre
Ligne de risque N°2-3
Ligne de risque
Ayant quitté la revue L’Art du Bref qu’il animait avec Richard Millet, Yannick Haenel a créé Ligne de risque à la présentation proche.Le double numéro 2-3 de l’été est consacré à Lautréamont et à Bernard Lamarche-Vadel pour perforer, si l’on en croit l’édito : « la cartilagineuse carapace du conformisme (qui) opprime les énergies ». Quel point commun entre les deux invités de la revue ?...
Un livre
La Nuit vient dans les yeux
de
James Sacré
James Sacré, le renard
Les six poèmes de La Nuit vient dans les yeux joliment édités mettent en évidence l’arbitraire du signe.
En ouverture de ce recueil de six poèmes, James Sacré annonce, en mode mineur : « D’une langue à l’autre pour en avoir une/ Qui soit la mienne, mais sans oublier/ Que c’est pour te causer./ Ce qu’on met dans le poème, c’est pas/ De l’éternité, plutôt/ Comme un sourire (…)/ (…) ma langue fragile pour te causer/ peut-être à côté. Sans vérité. » La modestie du propos laisse entendre le profond...
Médiatocs – chronique
Pare-chocs du moi
Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage….
Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
Un âne, des mots
Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante.
Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
“ Les mecs, on la perd ! “
Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos.
Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
Courrier du lecteur – chronique
La preuve par huit
Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement.
Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même…
Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...

