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La rédaction Thierry Guichard

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Thierry Guichard

Articles

Soixante kilos de coups durs

de Hallgrímur Helgason
Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
avril 2026
Le Matricule des Anges n°272

Un automne ordinaire

de François Boulay

La nuit de tous les rats

Premier roman de François Boulay, un peintre né en 1937 qui nous livre avec Un automne ordianire la preuve de son très grand talent. En voilà une fameuse découverte ! François Boulay. Un peintre dont le premier roman (sorte de voyage au bout de la folie dans une longue nuit nordique) nous entraîne très loin dans l’horreur, le malaise. C’est fort, très fort, malgré une phrase parfois trop lourde, chargée comme elle est de propositions enchâssées dans d’incessantes virgules. Mais, peut-être, la plongée au cœur de la folie...
octobre 1993
Le Matricule des Anges n°5

Les Fleurs

de Christian Gailly

A première vue, Christian Gailly est un écrivain drôle

Dans Les Fleurs, Christian Gailly s’attache à nous faire vivre la rencontre d’un homme et d’une femme. Si, comme dans ses romans précédents, l’auteur nous fait rire, Les Fleurs est plus à lire dans ce qu’il tait que dans ce qu’il révèle. C’est la première fois que le titre d’un roman de Christian Gailly est si long : Les Fleurs, Neuf lettres tout de même ! Ce n’est pas rien ! C’est nettement plus que Dit-il (1987), K.622 (1989), L’air (1991) et Dring (1992). Un titre si long, pour un roman de Christian Gailly, ça vous mettrait presque mal à l’aise. Heureusement, c’est un titre plat, qui s’excuse presque d’être écrit plus gros...
octobre 1993
Le Matricule des Anges n°5

Vies minuscules

de Pierre Michon

Vie de Joseph Roulin

de Pierre Michon

Rimbaud, le fils

de Pierre Michon

Pierre Michon

Michon Pierre

Pierre Michon entre inspiration et désir

Qu’est-ce qui relance sans fin la littérature ? demande Pierre Michon dans Rimbaud le fils. L’écrivain qui prévient : je suis un homme de l’écrit pas de l’oral, nous parle de son rapport à l’écriture. Pierre Michon, vous parlez de l’écriture comme d’une grâce. De la grâce à l’inspiration il n’y a qu’un pas… Oui, un texte ne peut que me sembler dicté. Je m’installe à mon bureau tous les matins pour être prêt à recevoir le texte. Je ne crois pas du tout à l’inspiration, mais je m’y fie, et je m’y fie parce que ça marche. Finalement je n’ai rien contre la théorie de l’inspiration. Il faut...
octobre 1993
Le Matricule des Anges n°5

Pierre Michon : au nom du fils

Pierre Michon vit dans un appartement de liliputien à Orléans, quelques mètres carrés qu’il partage, dit-il, avec toute sorte de bouquins, dont « de véritables merdes ». Heureusement, l’homme vient régulièrement à Paris, goûter les gaz toxiques, entendre les cris des hommes et les klaxons des voitures. Il était donc convenu que nous nous retrouvions, quai N°20, en gare d’Austerlitz, un...
octobre 1993
Le Matricule des Anges n°5

Médiatocs – chronique

Pare-chocs du moi Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage…. Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
novembre 2008
Le Matricule des Anges n°98

Un âne, des mots

Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante. Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
octobre 2008
Le Matricule des Anges n°97

“ Les mecs, on la perd ! “

Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos. Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
septembre 2008
Le Matricule des Anges n°96

Courrier du lecteur – chronique

La preuve par huit Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement. Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même… Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...
juillet 2006
Le Matricule des Anges n°75