La rédaction Thierry Guichard
Articles
Éros, Thanatos, harengs
Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance.
Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins.
Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
Des livres
Petits malentendus sans importance
de
Antonio Tabucchi
Nocturne indien
de
Antonio Tabucchi
Piazza d’Italia
de
Antonio Tabucchi
Requiem
de
Antonio Tabucchi
Pereira prétend
de
Antonio Tabucchi
Pereira prétend : un témoignage
de
Antonio Tabucchi
Un dossier
Antonio Tabucchi
Antonio Tabucchi : la quête d’un détective métaphysique
Vingt ans après sa parution en Italie, voici Piazza d’Italia, le premier roman d’Antonio Tabucchi, prix Médicis étranger en 1987, écrivain sans frontières dont l’univers mêle étrangement rêve et réalité. Rencontre avec un ange noir, funambule halluciné et distingué de la littérature.
Une histoire étrange, celle d’un narrateur innommé parti en Inde chercher un autre homme qui n’était probablement que lui-même. Des nouvelles limpides qui jouent les funambules entre rêves et réalité. Antonio Tabucchi s’est fait connaître en France avec Nocturne indien (prix Médicis étranger), récit remarquablement adapté au cinéma par Alain Corneau, et avec Petits Malentendus sans importance...
Un auteur
Christian Prigent : combat avec la langue
Si certains écrivent encore avec des plumes d’oies, Christian Prigent, lui, préfère porter des coups à la langue plutôt que des caresses. Parution d’Ecrit au Couteau.
Il y a des livres qui ressemblent à des météores. Ils traversent le ciel des lettres à une vitesse fulgurante, on les aperçoit, mais sans vraiment les voir, trop fulgurants, trop éloignés des écrits qui s’offrent à nous habituellement. Et pourtant, pour les témoins attentifs, le ciel après ce passage, n’est plus le même. Il en fut ainsi du premier (et seul) roman de Christian Prigent,...
Le bouffon misanthrope
L’écrivain autrichien Thomas Bernhard disparu en 1989 avait accordé toute une série d’entretiens à une journaliste allemande. Entre provocations et confessions.
A ma gauche, Thomas Bernhard, misanthrope et écrivain. A ma droite Krista Fleischmann journaliste tenace. Au centre, une caméra de télévision. Interviewer l’ermite autrichien s’apparentait plus à un combat de catch qu’à un divertissement mondain. Du catch, Thomas Bernhard a cette faculté de porter des coups qui ne font pas mal à l’adversaire, contrairement à ceux qu’il porte dans ses livres....
L’enfer du siècle passé
En sept romans et six cents pages, Alexandrian propose une sélection des romans érotiques du XIX° siècle. Notre siècle n’a rien inventé.
Merveilleuse idée qu’ont eue les éditions Lattès en nous proposant dans leur collection Les Romanesques une anthologie des romans érotiques du XIXè siècle présentée par Alexandrian.
Merveilleuse idée parce qu’elle permet de découvrir l’évolution d’un genre à travers l’Histoire ; le premier roman L’Enfant du bordel ayant paru en 1800 et le dernier La Canonisation de Jeanne d’Arc en 1890....
Médiatocs – chronique
Pare-chocs du moi
Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage….
Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
Un âne, des mots
Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante.
Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
“ Les mecs, on la perd ! “
Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos.
Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
Courrier du lecteur – chronique
La preuve par huit
Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement.
Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même…
Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...




