La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Nostalgie de l’adolescence

novembre 1992 | Le Matricule des Anges n°2 | par Jean-Guy Pécresse

Avec Armes et Bagages

Dans une atmosphère baignée de jazz, entre un bistro, L’Obus, et la chambre louée au-dessus, des adolescents rêvent de voyage, s’essaient à la poésie, se paient de mots et s’abreuvent de Cendrars, de Crevel ou de Reverdy. Le narrateur sait qu’un jour, il lui faudra écrire un livre qui sera « quelque chose comme la passage du courant dans la lampe témoin du poste de T.S.F. », quelque chose qui cimentera les souvenirs de cette époque où il avait le pouvoir « d’épuiser l’aube », d’être oisif et définitif dans ses actes et ses paroles. Le quarteron d’amis se disloquera en entrant à la fois dans la guerre et dans l’âge adulte mais l’amertume mêlée de révolte se substituant à la frivolité offrira au narrateur le cadre douloureux de son apprentissage « du métier d’homme ». « Je me voulais témoin(…) J’ai dû vieillie, mais je n’en saurais fixer la date » dit-il.
Ce qui pourrait sembler naïf, apprêté ou didactique s’avère être une acuité hors du commun, propre aux poètes, à restituer le langage, le style d’un âge défunt, ici celui de l’adolescence. Ainsi nous retournons visiter ces catalogues de souvenirs où la simple mais vivante énumération (« Quand une chanson passe à la place de la rivière, c’est l’été. Des voix se traînent en espadrilles. Une guêpe rôde autour de la vitre. Les ampoules électriques du boulevard se nichent dans les feuilles. L’asphalte sonne clair sous les pas du noctambule. Les clairons de la société Sportive déchirent le soir. ») côtoie l’éclat d’une réminiscence unique : « Rêvons que nous faisons l’amour ». Ce livre ne s’impose pas à la première lecture comme tant d’autres, trop évidents, mais nous oblige, quant aux saveurs qu’il recèle, à les deviner d’abord, pour enfin ne plus voir qu’elles. C’est le roman d’un poète, un livre juste.

Avec Armes et Bagages
Jean Malrieux
Le Castor Astral
210 pages ; 98 FF

Nostalgie de l’adolescence Par Jean-Guy Pécresse
Le Matricule des Anges n°2 , novembre 1992.