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Dossier Richard Brautigan
Traduire sans trahir le royaume

novembre 1992 | Le Matricule des Anges n°2 | par Sophie Malibeaux

Attention danger. La traduction, c’est toujours une perte, mais avec Brautigan c’est pire encore : « La langue est si simple qu’on est tenté de faire simpliste » explique Marc Chénetier. La tâche du traducteur consiste à éviter cet écueil. Pas facile.

Autant de traducteurs, autant de variantes du texte de Brautigan. De la traduction d’Un Privé à Babylone par Marc Chénetier à celle de Tokyo Montana Express par Robert Pépin, en passant par celles de Marie-Christine Agosto, Michel Doury ou Nicolas Richard pour les poèmes, le fil de l’expression déroulé par l’auteur est parfois si ténu qu’il pourrait casser.
Au départ, un tissu léger, si fragile que l’on se demande comment il tient. Chénetier, confronté à ce problème explique : « il faut constamment retendre la toile, mettre des tuteurs ». D’un traducteur à l’autre, c’est le choix des tuteurs précisément que le bât blesse. Faut-il faire compliqué pour faire simple ? Certains le pensent, qui n’hésitent pas à recourir aux formules les plus incongrues, comme ce « Adoncques » que l’on ne retrouve que chez Robert Pépin ; ou cette façon d’inverser l’ordre des compléments, la place du sujet et du verbe dans la phrase jusqu’à produire un effet lancinant.
Pour Marc Chénetier, certains ouvrages sont « défigurés » par ce type d’affectation. Des tuteurs, il en faut, pour éviter d’appauvrir le texte lors du passage d’une langue à une autre. La langue américaine est telle, explique-t-il, que ses niveaux de lecture n’ont rien de comparable avec ceux du français. « Quoi qu’on traduise, on y perd, aussi bien ce qui est des harmoniques de la langue d’origine que des échos renvoyés par le contexte dans lequel l’écriture se fait ». Cette perte, Chénetier l’évalue au quart du texte initial.
Du coup, le parti pris du traducteur prend un poids considérable. Celui de Chénetier est simple. « L’équilibre du texte est précaire, il faut le sauvegarder. Brautigan parle simple, sa langue n’a rien d’amidonnée, mais il n’est pas vulgaire pour autant ». Chénetier choisit donc un certain « classicisme » de l’expression, plutôt qu’un argot breveté. « Je n’ai aucune raison de le faire causer chébran. Je refuse de me faire confisquer ma langue. Je veux garder la palette la plus large possible ». Exemple : « la nostalgie, ça ne se traduit pas au passé composé, pourquoi se priver d’un passé simple ». Ou encore, l’emploi de « nous » plutôt que le « on » pour retendre la langue. « Dust, dust, american dust », ça n’a rien de cucu, je ne vais pas traduire « poussière américaine », je choisis de garder le lyrisme : / Mémoires Sauvés du Vent/ Poussières d’Amérique/.
Une chirurgie esthétique qui doit, si possible, effacer toute trace de voyage dans l’espace, et dans le temps si possible. Car le grand ennemi de la traduction, c’est bien le temps. L’ouvrage traduit chébran ne résiste pas aux années. Et les propos du Privé… n’ont besoin d’aucun artifice pour produire leur effet. Légers, ils tiennent comme les bulles d’une bande dessinée dans le cadre fixe qui leur est offert. Et Brautigan passe d’une case à l’autre en usant de ces indications assertives que l’on retrouve dans les pavés narratifs qui ponctuent le récit de la B.D. : « Trois ans plus...

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