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Dossier Linda Lê
Ressassements

septembre 1995 | Le Matricule des Anges n°13

Placé sous la tutelle de Thomas Bernhard, Les Dits d’un idiot auraient pu porter, d’une certaine façon le sous-titre : Fragments du discours haineux. A la différence des personnages du maître autrichien, ceux de Linda Lê n’appartiennent à aucune aristocratie intellectuelle ou spirituelle.Dans la généalogie des personnages de roman, il paraîtrait que chacune des figures sollicitées dans Les Dits d’un idiot soit le rejeton difforme d’une monstrueuse copulation entre les personnages de Thomas Bernhard et ceux de Louis-Ferdinand Céline.
Un homme paralytique qui s’est mis en tête d’écrire un livre à jeter en pâture à notre fin de siècle, ressasse en un long monologue les propos les plus fielleux sur son entourage. Affligé d’une mère monstrueusement fellinienne, envahissante, castratrice, il s’érige en martyr de l’amour maternel, en persécuté des effusions lacrymales, en victime du chantage sentimental.Les pages qui ouvrent le roman sont d’une férocité joyeuse, d’autant plus que, naïfs, nous aurions d’abord tendance à le prendre pour tel. La logorrhée qu’il va déverser tout au long du livre dressera peu à peu le soupçon sur l’existence même de la mère (Ariane-la Mandragore), de Mortesaison, du vieux Ragot, autant d’ombres grotesques jaillies de l’espèce de train fantôme qu’est cette plongée intérieure.
Dire que ce roman est décapant ce serait utiliser un vocabulaire de produits ménagers (qui œuvrent en surface) pour définir une véritable entreprise de déstabilisation, une expérience de lecture qui ne laisse pas l’âme dans l’état où les mots l’ont trouvée en entrant. Il y aurait donc une sorte de masochisme à lire un monologue qui, par effet de miroir, renverrait l’image misérable de ce que nous sommes.La grande qualité littéraire de Linda Lê c’est qu’elle ne nous laisse pas le choix. Nous sommes comme l’étrange personnage d’Alfred Kubin qui orne la couverture : attaché à un essieu, il est entraîné par deux roues le long d’un rail qui ne semble pas vouloir stopper. Par redondances, par un ressassement permanent qui sait se mettre au diapason de la respiration, Linda Lê utilise la langue comme une vrille qu’elle enfonce au plus profond de nous. Lancé sur les rails qu’elle a jetés, le lecteur s’immerge au cœur des ténèbres, dans l’ivresse d’un étrange plaisir.



Les Dits d’un idiot Linda Lê
Christian Bourgois 204 pages, 100 FF
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