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Entretiens Jude Stéfan : la tentation d’exister

février 1996 | Le Matricule des Anges n°15 | par Marie-Laure Picot

En Basse-Normandie, Jude Stéfan et ses doubles poursuivent dans l’isolement l’oeuvre d’une vie. VI offrent une nouvelle partition sur la chiennerie de l’existence. Promenade en Stéfanie.

Sur la boîte aux lettres, pas de nom. Ce qui ne surprend pas quand on sait la maison habitée par un pseudonyme, un écrivain fantôme. L’autre, le professeur, a mis récemment un point final à trente-sept ans et demi d’une carrière d’enseignant de français, latin et grec. L’écrivain en parle sans dégoût ni regret. A la limite, ses heures d’enseignement lui permettaient de tuer le temps, de s’ennuyer un peu moins. Car l’ennui, ceux qui l’ont lu le savent, est son lot quotidien. Jude Stéfan tarde avant d’ouvrir la porte de sa maison. Dans la pénombre de l’entrée, on hésite une fraction de seconde à faire un pas supplémentaire. Jude Stéfan ne s’est jamais privé de dire son aversion pour les interviews.
À l’intérieur, dans la première pièce, aucune mise en scène. Rien que du véridique. Une maison toute simple, marquée par les ans. Une tapisserie à fleurs au charme suranné. Deux portraits de famille sur le buffet, les parents de l’auteur. Des livres et des revues recouvrent entièrement la table presque aussi large que la pièce. Sur un pan de mur, des photos et des coupures de presse épinglés à la manière d’un pense-bête : ne pas oublier les visages de Genet, Céline, Rilke, Pessoa, Rimbaud, Artaud…
Jude Stéfan vit seul, reçoit peu et aspire à la paix, même si elle est pour lui synonyme d’ennui. Pour tout dire, il la préfère à la curiosité, à l’hypocrisie, à l’insipide. Un peu triste, mélancolique, l’auteur n’est pas un homme tranquille et c’est ce qui à la fois séduit et effraie.
Jude Stéfan est né entre 1930 et 1936 (les dates varient d’une édition à l’autre) à Pont-Audemer dans l’Eure, non loin d’Orbec où il réside depuis de nombreuses années. A vingt-quatre ans, après des études plurielles de droit, philosophie et lettres, il écrit son premier livre, Gnomiques, un recueil d’humeurs violentes et intransigeantes inspiré par les lectures de Nietszche, Cioran, Beckett… et par sa propre histoire (« A vingt-quatre ans on a compris le non-sens. »). Aujourd’hui, à la question « Pourquoi écrivez-vous », l’auteur répond : « J’écris pour me désennuyer ».
Difficile de croire cette réponse suffisante quand on pose un regard sur l’ensemble de son œuvre : de nombreux recueils de poésie (la majeure partie éditée chez Gallimard dans collection « Le Chemin »), des nouvelles (Champ Vallon et Ryôan-ji) et une grande variété de textes divers, réflexions, aphorismes, notes, critiques, lettres (édités pour la plupart au Temps qu’il fait). Contrairement à ce que la diversité des styles peut laisser supposer, son œuvre n’est pas disparate. Les nouvelles bâtissent un univers original et unique ; les poèmes chantent cet univers et les autres textes, lettres, critiques, faux journal, l’interrogent, le secouent, le déstabilisent. L’ensemble pourrait s’apparenter à une partition sur la chiennerie de l’existence, « l’ennui originel ». Paradoxalement, l’œuvre n’est pas amère. Elle est nostalgique par certains côtés, désespérée parfois, mais vivante,...

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