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Dossier Antonio Lobo Antunes
António Lobo Antunes : le bonheur est dans le passé

février 1996 | Le Matricule des Anges n°15 | par Thierry Guichard

Favori deux fois de suite du Prix Nobel de Littérature, et deux fois déçu, le Portugais António Lobo Antunes a bâti une oeuvre où tout un peuple se reconnaît. Entre Joyce (ses monologues intérieurs) et Proust (la majestueuse architecture de ses phrases), Lobo Antunes a sa place parmi les plus grands écrivains de ce siècle.

Lisbonne est un quai immense au bord duquel les Lisboètes semblent suspendus, attendant des bateaux orange qui font la navette entre les deux rives qu’ils les amènent un jour de l’autre côté du monde.Rêvant peut-être encore du retour du roi Dom Sébastien, monarque messianique disparu à la bataille d’Alcácer-Quibir en 1578 abandonnant alors les Portugais à l’Espagne. Au bord du Tage, sur la Praça do Commercio les vendeurs ambulants mêlent leurs murmures (montres, billets de loterie ou hachisch) aux cris aigus des mouettes. L’étranger pourrait se croire sur un immense embarcadère, hésitant pour son départ entre deux options : se métamorphoser en mouette et filer par les cieux ou attendre qu’une naïade mythologique l’emporte sous les draps du fleuve.En suivant les quais vers l’Est, longeant cette voie où, comme sur toutes les routes du Portugal, les nids de poule ont fait leurs trous, on finit par arriver au pied d’immeubles rectangulaires d’un quartier populaire composé de hautes tours grises séparées par des terrains vagues. Urbanisme cahotique qui fait penser qu’ici aussi le logement des employés de la ville s’est résolu dans une urgence de technocrate. Seul le Tage boueux où se reposent de lourds cargos offre la perspective d’un ailleurs.
Aux rez-de-chaussée de certains immeubles l’enseigne óla indique la possibilité d’aller se désaltérer d’une cervija, une bière pression plus rafraîchissante que bonne. Mais le temps n’est pas aux rafraîchissements : avec presque vingt degrés au mercure, les Lisboètes ont froid et ne sortent qu’emmitouflés dans de ternes manteaux.
C’est ici qu’António Lobo Antunes a perché, au septième étage d’une H.L.M., une sorte de garçonnière où quotidiennement s’écrivent les pages de ses romans.
À l’entrée de l’immeuble, carrée et impersonnelle comme toutes les entrées de ce genre de bâtiment, le fils du concierge (une dizaine d’années) tend à António Lobo Antunes un paquet qui n’a pu passer par la fente de la boîte aux lettres où d’autres enveloppes attendent. « C’est un contrat » pronostique l’écrivain portugais en prenant le colis que l’enfant lui tend. « Mon agent américain utilise toujours ce genre d’enveloppe. » Difficile de percevoir l’accent d’une quelconque ironie : António Lobo Antunes parle un français plus que correct mais impassible. Entre murmure et laconisme souriant.
Ouverte devant l’ascenseur, l’enveloppe si caractéristique révèlera finalement quelques pages d’une nouvelle traduction qu’un de ses éditeurs lui soumet. Le reste du courrier est constitué pour l’essentiel de lettres d’admirateurs, accompagnées de photos de l’écrivain, que ses lecteurs lui demandent de dédicacer ; comme si António Lobo Antunes était une star de la télévision ou du cinéma. Un livre aussi, publié en Belgique et dont l’auteur, en français, demande un jugement de celui qui par deux fois est passé tout près du Nobel. Lettres d’admiration, allégeance : António Lobo Antunes bénéficie d’une popularité...

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