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Dossier Manuel Vázquez Montalban
Manuel Vázquez-Montalbán : l’enfant populaire de Barcelone

décembre 1996 | Le Matricule des Anges n°18 | par Thierry Guichard

Né dans les quartiers populaires de Barcelone, son engagement à l’ère franquiste lui valut la geôle. La dénonciation, par la fiction, du régime d’alors lui permettra de se faire très vite un nom parmi les intellectuels de son pays. En donnant naissance au détective Pepe Carvalho, il a accentué sa popularité.

Le Barrio Chino, ce quartier populaire qui s’appuie sur le port de Barcelone, déploie un labyrinthe de rues étroites et sombres. Les chiens y errent ; sur les places les enfants jettent des pulls en guise de poteaux de foot et tapent dans des ballons considérablement dégonflés. Ici ou là, les bulldozers creusent de grands pans de ciel découvrant momentanément les squelettes lépreux des façades d’immeubles. Quelques odeurs rappellent que la cuisine se fait toutes fenêtres ouvertes et la plainte lugubre d’une ambulance court le long des Ramblas proches comme un frisson le long d’une colonne vertébrale scoliosée.
C’est dans ce quartier qu’est né en 1939 Manuel Vázquez Montalbán. C’est aussi dans ces rues que son ironique détective privé Pepe Carvalho aime retrouver l’âme de Barcelone. Pour le reste, la ville affiche une richesse arrogante et, malheureusement, les mêmes magasins de fringue, les mêmes fast-food, les mêmes affiches publicitaires où la Sophie Marceau tente de passer pour une philosophe, bref : le consumérisme lobotomisant de l’Europe telle qu’elle se construit.
Signe de la célébrité de l’écrivain postnormal : le rendez-vous a été fixé dans les locaux cossus de son agence littéraire Carmen Balcells qui compte également parmi ses poulains des auteurs comme Garcia Marquez ou Vargas Llosa. Une agence dont on comprend donc qu’elle se situe assez loin du Barrio Chino. Une façon de mesurer le chemin social parcouru par Montalbán.
L’homme d’ailleurs ne correspond pas forcément à l’image que l’on pourrait se faire de l’inventeur de Pepe Carvalho, le privé de Barcelone, amateur de bonne bouffe et champion de la répartie grinçante. Manuel Vázquez Montalbán économise ses sourires et son regard triste semble avoir toujours pris le dessus sur les zygomatiques. Lors de l’entretien, la fixité janséniste du visage démentira la drôlerie ou l’ironie de certains propos, accentuant, à la manière des aristocrates anglais, l’humour pince-sans-rire de l’écrivain.
Ses premières années, dans le Barrio Chino, Montalbán les passera sans beaucoup voir son père. Ce dernier, engagé dans le PSOC (Parti Socialiste Ouvrier de Catalogne qui s’est séparé du PC espagnol en 1936) est en effet en prison. Commissaire politique, l’homme est contraint de fuir en France d’où il compte s’embarquer pour les États-Unis. Nous sommes en 1939, et le résistant à Franco apprend depuis Bordeaux où il se trouve qu’il vient d’être le père d’un petit Manuel. Le désir de voir son fils est trop fort. Le père de Montalbán rebrousse chemin et se fait cueillir par la milice à la frontière. Il écope de vingt ans de prison et ne verra d’abord son fils que deux ou trois fois lors de sa comparution devant le tribunal. En 1944, il bénéficiera d’une amnistie relative qui le libérera de prison mais le contraindra, seize ans durant, à aller régulièrement pointer devant les forces de l’ordre. De cette souffrance, il sortira, selon les mots de Manuel Vázquez Montalbán...

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