La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Premiers romans Mortelle filiation

décembre 1996 | Le Matricule des Anges n°18 | par Marie-Laure Picot

Un homme entreprend le récit de sa vie qu’il adresse à son fils avec le vague espoir de faire la lumière sur leur tragédie commune. Qu’elle est-elle ? On l’apprend seulement à la fin du roman après une suite de flashes-back très évasifs reliés entre eux par une obsession : être un père. Orphelin (ses parents ont été déportés) recueilli par son grand-père fossoyeur, le narrateur évoque une enfance solitaire, faite de l’odeur mortuaire de la terre, du silence des cimetières et de la dureté du vieillard obsédé par la tombe. Le vieil homme, absent au monde des vivants ne saura remplacer le père : « Enfant, je me cachais souvent derrière les tombes pour l’observer. Oserais-je l’écrire -et surtout en faire état à mon propre fils ? C’est pourtant la vérité : certains jours, il ouvrait son pantalon et sortait en hâte son sexe très court et très dur pour se masturber. Il levait ses yeux fermés vers le ciel et ne tardait pas à être agité de violents soubresauts qui le ramenaient sur terre en creusant un peu plus la fatigue de son visage. » Adulte, une passion pour les plantes arrache le narrateur à sa condition et fait de lui un grand pépiniériste. C’est à partir de ce motif trop séduisant -le petit-fils rendant à la terre sa plus noble fonction- que les choses se gâtent… Le personnage est rattrapé par le tragique de sa propre existence, et le lecteur, ostensiblement, décroche. Le narrateur a un fils dont on sait peu de choses, sinon qu’il a été lui aussi rejeté par ses parents et qu’il a une petite amie. Laquelle fiancée, pianiste virtuose et ensorceleuse, devient la maîtresse de son père. De leur passion, forcément impossible, naît l’enfant voué d’emblée à la tombe, l’accordeur. On l’aura compris, L’Accordeur est le récit d’une impossible paternité. Malheureusement, il semble qu’Alain Veinstein soit tombé, à l’instar de ses personnages, dans le piège d’une obsession : vouloir à tout prix montrer l’irréversibilité d’une destinée. Tant et si bien qu’excepté le fossoyeur auquel il faut reconnaître une

L’Accordeur
Alain Veinstein

Calmann-Lévy
234 pages, 110 FF

Mortelle filiation Par Marie-Laure Picot
Le Matricule des Anges n°18 , décembre 1996.
LMDA papier n°18
6,00 €