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Événement & Grand Fonds Mon cher Georges…

juin 1998 | Le Matricule des Anges n°23 | par Thierry Guichard

Cinq livres signés Bernard Noël prolongent une œuvre exigeante de pensée et de cœur.Sa correspondance avec Georges Perros en est la preuve.

L' Espace du poème : entretiens avec Dominique Sampiero

Le 7 mai 1960, Bernard Noël, ému par sa lecture de Papiers collés écrit à Georges Perros une lettre pleine de respect : « Comment parler quand on voudrait entretenir avec l’œuvre qui vous a bouleversé quelque chose comme le dialogue de la vague et du rocher ? » Phrase visionnaire qui indique déjà l’impossibilité pour toute correspondance de briser totalement l’absence : « J’ai lu votre livre, vous avez lu le mien, nous avons tous les deux été touchés, mais nos visages, nos corps, restent, comment dire, posthumes. » (Perros). Presque chacune des lettres qui suivront, regrettera l’absence du destinataire.
Au premier courrier où pointe, dans le respect, cette part de convention que dicte la politesse et que renforce la timidité, Perros répond plus franchement, main tendue : « Bien sûr, il vaudrait mieux se voir, prendre un coup ensemble ». Une amitié vient de naître.
Cette correspondance, publiée avec quel soin attentif par les éditions Unes, nous plonge dans deux intimités proches. On a beau traverser une période riche en événements, les lettres de Perros et de Noël ignorent tout ce qui n’est pas leur amitié. Certes, quelques lignes tentent de régenter des projets communs (écriture d’articles pour le dictionnaire Laffont-Bompiani, réalisation de revues) quand il ne s’agit pas, surtout, de venir en aide conjointement à un ami, un jeune poète qui a besoin d’un soutien auprès d’un éditeur. Pour le reste, essentiellement, les lettres témoignent d’une relation profonde qui ne se déchausse jamais du vouvoiement. Comme si une distance était mise, qui empêche les grandes embrassades. Il est vrai, que l’écriture interdit la trop grande proximité : « j’ai toujours pensé qu’être ami, c’était parler de tout et de n’importe quoi s’abandonner à sa bêtise, à sa banalité (peut-être surtout à cette dernière). Aller de conserve en roue libre. Mais voilà, ce que la présence facilite, et la conversation, comment y arriver quand on a devant soi une feuille dont la blancheur est déjà une espèce de censure » (Noël). Quand deux amis écrivains correspondent, sont-ils d’abord amis ou d’abord écrivains ? L’émotion se nourrit de ces maladresses à s’avouer qu’on s’aime comme, avant la signature de Bernard Noël ce « j’aime bien penser à vous » ou encore à propos de la visite de Roger Laporte : « Roger Laporte et Georges Perros sont les deux écrivains de ma génération pour lesquels -je cherche mes mots- disons que je les aime. » L’aveu se fait, dans cette lettre à Perros, à la troisième personne du pluriel comme pour en atténuer l’inconcevable. On pourra donc lire Correspondances comme le récit d’une amitié bégayante, pudique. Mais l’ouvrage vaut aussi pour ses qualités littéraires et pour la pensée qui, constamment, s’y montre. La narration que Bernard Noël fait de la mort de son père, sa défense de l’écoute comme voie vers l’écriture (« on devient immobile, le corps se vide, se tend de vide, et quelque chose qui rôdait alentour, ou au fond, tout à coup...

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