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Dossier Jean-Pierre Abraham
Port-du-Salut

juin 1998 | Le Matricule des Anges n°23 | par Jean-Pierre Abraham

Voici les premières pages du prochain livre de Jean-Pierre Abraham. Il s’agit, à la suite de Fort-Cigogne, du récit d’une semaine passée dans un petit monastère cistercien de Mayenne. Publication prévue cette année aux éditions Le Temps qu’il fait.

La place du village était fraîche à l’aube, un coq chantait. Celui du clocher regardait vers l’est. Avec Marion j’ai attendu sans rien dire l’arrivée du car scolaire, près de l’église où, hier, je lui avais tendu un cierge allumé dans des flots de musique solennelle. Une cloche a sonné 7 heures, une autre l’angélus, le car jaune est arrivé dans un grand fracas. Dernier sourire grave derrière la vitre et je me suis retrouvé seul.
Je n’avais pas de carte, ne savais quelle route prendre. Dans le silence revenu, j’ai entendu le bruit d’une charrette qui approchait. C’était un maçon, en bleus de travail propres, qui apportait du sable sur son chantier. Il sifflotait. Du menton il m’a montré le panneau indiquant la route de Saint-Pierre-des-Nids. J’ai dû marcher un kilomètre sous les arbres, le long d’un ruisseau, dans le soleil levant, dans le grand tapage des oiseaux, mais j’exagère, je sais maintenant qu’à pied un kilomètre est plus long qu’on ne le croit. C’est un Arabe qui s’est arrêté, un marchand forain conduisant une camionnette pleine d’habits odorants. « La circulation est inexistante le matin dans cette région », m’a-t-il dit. Il conduisait très vite en chantonnant avec insouciance.
Après Saint-Pierre, j’ai dû faire deux vrais kilomètres cette fois. Mon sac commençait déjà à me peser, ce sac en vieux cuir de Colombie muni de roulettes, pas du tout fait pour la marche. Je n’avais pas non plus les habits d’un marcheur et c’est peut-être ce qui a intéressé cette jeune femme, qui a mis son clignotant avant même que je me retourne et s’est arrêtée derrière moi dans l’herbe. « Je vous ai croisé tout à l’heure en menant ma fille à l’école et je savais bien que je vous retrouverais au retour, il ne passe personne par ici. » Elle habitait non loin de là mais a décidé de m’emmener jusqu’à Pré-en-Pail, où l’on rejoint la grand-route. « J’ai tout le temps, disait-elle, je peux vous en faire gagner. » J’ai parlé avec elle sans difficulté, de la vie à la campagne, de l’isolement. En la quittant j’avais envie de lui demander son prénom pour me souvenir d’elle et je n’ai pas osé. Elle avait un bon visage. Elle ira au ciel.
Le bourg de Pré-en-Pail est tout en longueur. Une fois nous nous étions arrêtés là, devant une vieille quincaillerie, pour acheter un chaudron noir à mettre dans la cheminée. Café, journal. Matin trop lumineux, éclats violents des voitures et des vitrines : coup de fatigue, papillottements dans les yeux, la berlue habituelle.
Au-delà du passage à niveau, j’ai attendu à peine un quart d’heure avant que ne s’arrête Christian Lambert. Il est archiviste dans une ville normande, il allait à Laval, justement, pour suivre un stage sur les champignons avec des collègues venus de toute la France. Il s’agit des champignons qui rongent les vieux manuscrits et des façons de les combattre. Nous avions une grande heure à passer ensemble, il fallait bien parler. Pourquoi, de fil en aiguille, me suis-je embarqué dans ce...

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