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Entretiens Meurtres sous un crâne

mai 1999 | Le Matricule des Anges n°26 | par Philippe Savary

Régis Jauffret consacre un roman à Clémence, jeune femme en perdition, qui remplit le vide de son existence par une folle tyrannie. Voyage glacé et dérangeant à l’intérieur d’un cerveau malade de maternité.

Clémence Picot

Les romans de Régis Jauffret sont d’interminables chemins de croix. Souffrances, humiliations, rapports de domination, désirs refoulés, l’écrivain traque les fêlures de ses personnages jusqu’à l’os avec un insatiable appétit, façon nouvelle cuisine : écriture froide comme une congère, absence de descriptions, lancinants monologues qui débitent des calvaires ordinaires. L’an dernier, son étonnante Histoire d’amour lui valut quelques lettres de menaces de mort, tellement l’espèce humaine était si peu à son avantage. Une femme, fragile et seule, tombait dans les griffes d’un maniaque amoureux, harcelant et violant en toute tranquillité. D’un dérangement à l’autre, Clémence Picot explore un nouveau versant psychiatrique : comment l’extrême frustration engendre la haine, la folie puis le meurtre. La narratrice, Clémence, incarne le « malheur au repos ». Trente ans, vierge, infirmière de nuit, sa vie reflète une « absolue inexistence ». Abhorrant la liberté, son seul sentiment est qu’elle ne supporte pas l’enfant de son unique amie -veuve et voisine. C’est cette obsession (le désir mort-né d’enfanter) qui bâtit l’architecture du livre. Du simple harcèlement, le lecteur s’enfonce peu à peu dans le vertige psychotique d’un esprit malade, ressassant d’infinis scénarios pour séparer la mère du gamin. On se trouve au chevet d’une démente, fomentant ses mensonges et ses perversités avec l’incroyable conscience de faire le bien, le tout baigné dans un assourdissant calme mortel.
Né en 1955, auteur dans les années 80 de pièces de théâtre pour le compte de la radio, éditeur de la toute jeune revue Dossiers criminels, Régis Jauffret jure qu’il s’est beaucoup amusé à l’écriture de son cinquième roman.

Comment est né ce livre ? Déjà son titre…
J’ai commencé son écriture en 1983. Une carte de restaurant, Le Picotin, était simplement posée devant ma table de travail. Initialement, le livre s’appelait Le Prétendant de Clémence Picot. C’était l’histoire qu’elle avait avec des hommes. Par souci éthique et théorique, j’essayais de faire des plans détaillés, un peu comme Flaubert. Mais ça ne fonctionnait pas. J’ai écrit une nouvelle version en 90, davantage schizophrénique. Depuis le début, ce qui m’intéressait, ce n’était pas le côté criminel, mais le côté solitaire. Cette incapacité de sortir du caractère dans lequel on est. On va toujours dans la répétition du même, qui est la répétition du soi. En fait, l’ennui est quelque chose qui me poursuit. Pour ça, j’éprouve une grande solidarité avec les alcooliques.
Clémence Picot ne fait rien de sa vie. Elle invente des situations pour aboutir à son morbide dessein, l’infanticide. C’est une vraie romancière ?
C’est surtout une façon enfantine de concevoir la réalité. Quand tout est cassé, ça peut s’arranger ; les cadavres, c’est un jeu qui tourne mal. Pour elle, il n’y a pas de différence entre le réel et l’imaginaire car elle n’a pas quitté l’enfance puisqu’elle n’en a pas eue....

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