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Poésie A l’ombre du frêne

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29 | par Emmanuel Laugier

Comme des pas qui s’éloignent

Né en 1946, face au Canigou, dans la tramontane du pays catalan, Alain Freixe aime à musarder, comme il aime à le dire, entre poésie et philosophie. C’est dans ce Partage orphelin (G. Chambelland, 1981), selon le titre de son très fort premier livre de poèmes, que cet homme avance, interrogeant le ravage des lieux de vie.
Une impatience que François Bon révélait bien dans son essai du même titre, et dans lequel Alain Freixe reconnaît aussi la part à vivre, parce qu’en face le champ de pommiers est devenu un parking noir strié de bandes, un lieu vacant et nul où la forme d’une vie, même passante, vient se réduire à une salle des pas perdus.
Ce sont donc ces pas-là, en neuf sections en prose (premier pas, etc.), que tente de refaire Comme des pas qui s’éloignent, son cinquième recueil de poésie. C’est une traversée sans leurre à laquelle on est convié.
Et Joë Bousquet n’est pas loin, par les lieux qui affirment une physique sèche de pierres et de vent. Par l’esprit aussi, il est là à veiller dans l’ombre, avec son œil de chouette, lorsqu’Alain Freixe écrit dans un lyrisme tendu : « Seul, dans l’ombre qu’épaississait l’ampoule, un papillon noir voletait lourdement », et plus loin : « Les fichus noirs des femmes effaçaient les portes. Le bruit des espagnolettes allumait aux fenêtres la lassitude des hommes ».
Paroles d’un sombre temps que ce livre relève, sans pathos aucun, mais avec le signe de la main qui montre ce qui s’éloigne, avec le pas devant qui continue à se poser, sans tranquillité, sans amertume, dans le constat d’une ligne sèche et sans merci : « La salle des pas perdus d’où toujours nous partons est déserte. Les guichets restent ouverts ».
Un livre où « une fièvre rase coure sous les feuilles, s’écorche aux branches, raye les herbes d’ombre », qui ne néglige pas l’interrogation du sens que prennent les mots face à la déréliction du réel.

Comme des pas qui s’éloignent
Alain Freixe

Éd. L’Amourier
65 pages, 125 FF

A l’ombre du frêne Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°29 , janvier 2000.