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Domaine français Extension du domaine de la souffrance

septembre 2000 | Le Matricule des Anges n°32 | par Gilles Magniont

L' Éducation de la poussière

Suzanne Klein a perdu son jeune homme de fils il y a un an, elle est depuis lors aux prises avec sa souffrance ; à La Nouvelle-Orléans, elle abandonne le cycle de conférences littéraires qu’elle devait mener, se fait engager sous une fausse identité comme femme de ménage, avant de devenir ouvrière dans un bateau de clandestins.
Présenter ainsi le roman n’est pas vraiment faire œuvre de résumé, car Natacha Michel n’en dit guère plus en matière de narration : son attention se porte toute entière sur la description de la douleur, et les quelques éléments épars de contingence (êtres et décors qui forment le vague contour des jours à jamais endeuillés) ne sont envisagés qu’au prisme de cette douleur.
Pour le lecteur, c’est parfois dur de n’être jamais diverti de ce fil du deuil. D’autant que les complexités de l’analyse tirent parfois le discours vers d’inutiles afféteries (ah, cette aube « ouvrant des ailes geleuses de papillon à grandes ogelles indéchiffrables »…). Mais peut-être la continuité de l’éloquence a-t-elle ici pour vocation de respecter au mieux celle de la souffrance : « Jamais elle ne rêvait que son fils n’était pas mort, jamais le rêve ne lui offrait de remise de peine, de moment d’illusion. Peut-être ce qui fait le malheur d’un grand malheur est qu’il voue au réel, qu’il vous laisse sans »imagination«  ».
Il y a quand même quelque chose d’impressionnant à dire tout d’un trait et exclusivement, sur plus de deux cents pages, comment quelqu’un crève littéralement de douleur, à traquer cette douleur immobile dans ses derniers retranchements.
Comme il y a quelque chose de très respectable à envisager les dernières conséquences d’un malheur contre nature, bien loin des âneries obligées sur le « travail du deuil ».

L’Éducation de la poussière
Natacha Michel

Seuil
188 pages, 95 FF

Extension du domaine de la souffrance Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°32 , septembre 2000.
LMDA PDF n°32
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