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Dossier Richard Morgiève
La vérité d’un homme toujours debout

janvier 2001 | Le Matricule des Anges n°33 | par Philippe Savary

Richard Morgiève est un sans-papier dans le paysage conventionné de la littérature française. Imprévisible, inclassable. Un écorché vif. Un trublion. Ce maquisard des lettres répète à l’envi comme une vieille colère qu’il est un cancre, un misérable. Qu’il éprouverait ainsi des difficultés à être à sa place, contemporain de lui-mêm, au point de juger « obscène » une séance de dédicaces. Vraie sincérité. Morgiève est à la fois un autodidacte et un homme du passé. Il cultive son œuvre du fond de sa mémoire, mais cette mémoire ne ressemble guère à un jardin d’enfant. Depuis plus de dix ans, avec une apparente facilité (ce qui énerve), l’écrivain excelle dans l’art de construire des ouvrages en abîme qui affolent. Sa voix est contagieuse, brute, fragile, éperdue. Des notes justes, comme une corde bien frappée. Si cette voix aiguise tant le nerf à vif en nous, c’est qu’elle relève précisément du partage ; chair ouverte, palpitante, monstrueuse, âme tortueuse, miroir de nos refus. Pour rendre compte de cette littérature de la trépidation, serait-il plus juste de convoquer cette image, peut-être galvaudée : le pouls bouleversé, révolté, d’un cœur en lutte.
La plupart des romans de Morgiève sont des histoires merveilleuses ou déchirées ou cabossées, jetées à la gueule du lecteur. Des histoires où l’écrivain joue sa peau, littéralement, mettant en scène des êtres en souffrance, en déshérence, trébuchant sur leurs fantasmes, leurs solitudes, leurs désillusions. Morgiève aime (se) démolir. Abhorrant la psychologie ou la description, il transfuse les vies à l’abandon. Sur la table de travail, toujours le même dilemme : comment échapper à sa condition, quelles digues abattre ? Balbutiante, chaotique, (auto)-destructrice, parfois dénuée de ponctuation, cette langue ne cesse d’investir le champ social. Elle pointe le doigt sur cette civilisation impuissante à bénir, incapable de répondre au malheur qu’elle répand.
Dès la première page, peu de ses livres, même les plus fabuleux, échappent à ce qui hante Morgiève : la fatalité et la mort. On peut recenser : là une joyeuse promenade à vélo qui s’arrête tragiquement contre un tracteur (Fausto) ; plus loin au détour d’un autre virage maudit, une bétaillère maladroite lâchant une truie affolée, chiant de peur sur la tombe d’un être adoré (Mon Beau Jacky) ; ici l’entrée en scène d’une jeune héroïne, déjà veuve (Un petit homme de dos) ; dernièrement le témoignage d’un homme prêt à trancher la gorge au malheur (Ma Vie folle). C’est la malédiction qui colle aux semelles.
Morgiève est doué, déroutant. Sa vérité est à ce prix. On le lui reproche. Comment peut-on enfanter de tels livres différents ? Comment peut-on écrire l’inoubliable Un petit homme de dos, roman recomposé et mythique de sa famille, orchestré par une langue si musicale, si généreuse, et publier quelques années plus tard Sex vox dominam, infernale errance sadomasochiste, à la syntaxe amputée, cannibale ? Comment être l’auteur d’un...

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