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Entretiens Javier Tomeo

avril 2001 | Le Matricule des Anges n°34 | par Dominique Aussenac

Par amour de l’humain, Javier Tomeo construit un cruel et monstrueux théâtre de l’absurde où solitude et incommunicabilité règnent en maîtres. Et cherche l’équation de la marguerite.

Dialogue en ré majeur

L’Aragon, province espagnole coincée entre Navarre et Catalogne offre régulièrement au monde des Arts et des Lettres, des enfants singuliers, pittoresques : Baltasar Grácian, Goya, Buñuel, Carlos Saura… Javier Tomeo, sexagénaire massif, vif, tranchant, partage avec ses congénères un goût pour le fort, le piquant, l’étrange, l’absurde. Si son œuvre est aujourd’hui publiée dans le monde entier, Chine comprise, cette notoriété tient paradoxalement (et cet homme cultive contrastes et paradoxes) à l’adaptation théâtrale de ses romans, lui qui n’écrit pas directement pour le théâtre. Une vingtaine d’ouvrages, dont la moitié seulement, a été traduite en français (José Corti, Christian Bourgois). Parmi eux signalons, Monstre aimé, Le Chasseur de lions, Préparatifs de voyage, Les Ennemis. Dialogue en Ré majeur, son dernier livre traduit développe à travers le monde de la musique, une nouvelle variation du thème de l’incommunicabilité. Incommunicabilité entre deux voyageurs dans le hall d’une gare.
De ses livres suintent solitude et angoisse d’être au monde. Comme Kafka, Tomeo utilise la transformation, la métamorphose animale. Ses humains présentent toujours quelque chose de pathétiquement monstrueux. Avec Beckett, Ionesco ou encore Jarry, il communie dans le non-sens, l’absurde, la critique de l’aliénation sociale. Par une certaine poétique, une tendresse mâtinée de cruauté, mais surtout un travail de réécriture permanent, un goût pour les architectures, les univers labyrinthiques, il porte aussi de l’oulipien, de l’Italo Calvino en lui.
Sa formation de criminologue a généré dans ses romans un rapport procédurier, la passion de l’inventaire, du décorticage. Autopsie des âmes, des conduites humaines, de la solitude, de l’aliénation, de la folie. Dans son écriture, de facture classique, préciosité et trivialité s’entre-mêlent, accentuant ainsi, une dimension parodique. Soliloques ou mono-dialogues fusent et occupent la majeure partie des récits. Mor Gaye, son traducteur, affirme ainsi que Tomeo recouvre d’un manteau de parole la trop grande nudité de l’âme humaine.

Pour qualifier votre œuvre, peut-on parler de théâtre de l’absurde ?
Je ne sais rien du théâtre. J’écris seulement des romans qui sont adaptés après, au théâtre. Pourquoi mes romans traitent-ils de l’absurde ? Je préfère l’absurde, la métaphore. Je n’aime pas le réalisme dans la littérature. C’est pour cela que mes personnages sont un peu bizarres, différents, marginaux. L’absurdité me donne la possibilité de mieux m’exprimer.
Les humains sont monstrueux chez vous !
Cette monstruosité me permet d’arriver à une plus grande profondeur. D’un point de vue littéraire la beauté ne m’intéresse pas, la perfection non plus. Il est plus facile d’écrire sur les choses imparfaites que sur le parfait. La constante de mes personnages est d’être monstrueux, hypertrophiés. Ce sont presque tous des psychopathes. Le protagoniste de Monstre Aimé (Bourgois) a six...

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