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Dossier Pierre Autin-Grenier
Orchidée noire

janvier 2003 | Le Matricule des Anges n°42 | par Thierry Guichard

En ouverture des dix-sept récits qui constituent L’Éternité est inutile, Pierre Autin-Grenier cite Simon Ortiz:on écrit de la fiction, autant que ce soit vrai. Voilà qui place d’emblée ce troisième volet du triptyque publié par L’Arpenteur plus en avant sur le chemin de la chronique ou de l’autofiction que les deux précédents opus : Je ne suis pas un héros, encore empreint du fantastique de L’Ange au gilet rouge et Toute une vie bien ratée qui permis à quelques milliers de lecteurs de découvrir cette plume singulière. Avec L’Éternité est inutile Pierre Autin-Grenier revient à lui, au plus près d’une vie encombrée d’elle-même, du sentiment d’inutilité et de celui, revigorant, de la révolte. Comme sa couverture, le livre est noir, rouge et jaune. Le noir du désespoir se perçoit, si on tend l’oreille, notamment dans le dernier texte, « Loin des cannibales » où l’écrivain ressasse son malaise de vivre dans une ville où le racisme et la bêtise pérorent. S’il faut tendre l’oreille, c’est parce qu’Autin-Grenier possède quelque chose de Charlie Chaplin : c’est par l’humour, retourné contre lui-même, qu’il fait entendre l’injustice, la souffrance, l’enfermement. Le noir est plus explicitement mis dans « Le Centre national du livre m’a sauvé la vie, merci ! » qui s’apparente à une notice biographique rondement menée, concentrée, hachée menue par des phrases pressées d’en finir avec l’histoire de ce « môme né d’un numéro qui d’ordinaire ne sort jamais à la roulette ».
Du noir au rouge, le cousinage est certain puisqu’il arrive au rouge de la révolte de hisser le drapeau noir de l’anarchie. C’est probablement le livre le plus vindicatif de l’auteur. Ça commence fort et burlesque, avec le rêve du narrateur qui, se rendant à sa banque, se voit copain de Durruti et fait avec l’anarchiste le coup de feu contre les franquistes à Barcelone dans les années 30. Le récit drôlement balancé, troussé comme un aria enflammé, ressuscite l’espoir de la révolte, l’érotise même, jusqu’à l’évocation de la mort du héros espagnol. « C’est nous ! », de son côté, fait la peau aux bourses du monde entier et au Médef français en chantant la gloire des canuts lyonnais et des partisans grévistes sous l’Occupation pour se finir en 2003, en 2004 ou plus, en tout cas avec la mort du CAC 40 transformé en serpent de mer agonisant sur le carrelage de notre narrateur qui s’enthousiasme : « je cours rejoindre les autres dans la rue ; pour l’heure, vois-tu gone, il est temps d’aller cueillir ensemble les orchidées noires de l’anarchie. » Quant au jaune, il est partout dans le livre, et c’est tant mieux. C’est le jaune du rire, de la gaudriole qui nous prend dans son piège, nous ravit et nous embarque illico presto du côté de l’auteur sans qu’on se rende forcément compte que ce rire est… jaune. Au comique de situation, l’écriture apporte un écho lexical, s’aventurant dans des jeux de mots, grossissant le trait ici dans des métaphores hallucinantes : au réveil, par exemple, « les...

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