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Entretiens Mues émouvantes

mars 2003 | Le Matricule des Anges n°43 | par Marc Blanchet

Mues indigènes

Entre ironie et volupté, le deuxième recueil de Romain Graziani confirme une voix qui pour embrasser le monde requiert les sujets les plus inattendus.

« À se rétracter dans ses plis, l’homme sent le renfermé, et l’évent s’il épanche aux confins. Déployé dans son cocon, ou se crispant dans ses bris, toujours la même vase. Exorbité, l’épine fléchie, des limbes à la rive ses mains brassent, tournent, giclent. Mais rien ne vient, n’avance ni ne devient. Il ne trouve pas l’endroit d’où émerger. Tout le prend à revers. »

Pour son second recueil Mues indigènes (après Amor fati aux éditions Corti), Romain Graziani, tout en conservant une densité d’écriture qui lui est propre, a ouvert sa poésie à d’autres figures, avec une inventivité qui lui est propre.
Il y a chez cet auteur de trente-deux ans une érudition qui permet de le situer dans l’héritage des Segalen et Saint-John Perse -et dans une forte parenté avec Michaux. Spécialiste des formes de la pensée en Chine ancienne, professeur de langue et littérature chinoises à l’École Normale Supérieure (rue d’Ulm), il prépare actuellement, avec le sinologue François Jullien, une traduction avec commentaire du classique taoïste de l’antiquité chinoise Tchouang T’seu. Peut-être ce sont ces qualités de curiosité poussées au maximum de leur apprentissage qui ont favorisé une écriture très dense, où les visages de l’auteur subissent mille et une mues sur la page. Qu’il se présente en cellule ou dauphin, en amoureux ou individu en cours d’effacement physique, le narrateur de ces poèmes oscillant entre prose et vers, ou utilisant les deux dans le même élan, étonne par sa maîtrise et s’impose comme l’un des poètes les plus attachants de sa génération.
Alors que le premier recueil de Romain Graziani frappait par une certaine noblesse de ton, qui le rapprochait d’ailleurs dans ses proses de Gracq, le deuxième, sans jamais devenir amer, cède à des sirènes qui ne sont pas celles de la modernité mais de l’humour, en dessinant des portraits qui tout en dépréciant l’auteur n’empêchent ni le sentiment amoureux ni la sensation d’être entraîné dans un ballet virtuose. Inspiration et style sont intimement liés -jusqu’à l’obsession : pas une phrase qui n’ait sa musicalité. Romain Graziani, dans ce déploiement, parvient toujours à retenir son souffle pour dévoiler ses propres mues sans jamais en étouffer le lecteur : « Au moins, si je conte ce qui m’est arrivé à mes petites garces, à mes petites démones qui font de chaque passant un voyeur énervé, elles ont la décence de se taire et arrachent leurs culottes en me fixant droit dans les yeux, et leurs poitrines s’enflent de se sentir approchées. Tout cela est aussi troublant au fond, mais me rassure quant à la pureté de leurs intentions. L’entente allant de soi, je m’insère au plus nu de leur jour, qui ne compromet rien, et soutient le retour. »
Votre nouveau recueil diffère du premier. Comme si à l’intérieur d’un certain lyrisme vous aviez...

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