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Domaine français Peinture du siècle

mars 2003 | Le Matricule des Anges n°43 | par Thierry Guichard

Court roman ou longue nouvelle en fragments, Femme du monde se lit d’un rien et marque pourtant son lecteur. Dans une succession de courts tableaux (moins d’une page pour la plupart), Didier Goupil trace le portrait d’une femme née avec le XXe siècle et qui en traversera les horreurs. C’est une femme du monde d’abord, riche pense-t-on, oisive croit-on, qui prend des bains car « passer sous la douche serait au-dessus de ses forces ». On la retrouve plus loin, elle n’est plus « Madame » puisqu’elle est encore « Mademoiselle » ; c’est l’été 1927, elle rencontre « Monsieur » qui « swinguait sur la Côte d’Azur (…), skiait en Autriche ou en Italie ». « La famille de Monsieur faisait dans l’argenterie. Monsieur, lui dans la jeunesse dorée. » C’est léger, le siècle semble des notes de jazz, des halls d’hôtel. Madame dit oui à Monsieur. Elle n’aurait pas dû. Car le dandy cache un vrai fasciste qui n’aime pas que Madame se fasse tirer le portrait par les peintres de Montmartre ou Montparnasse (on comprendra ce désir plus loin) ni qu’elle prenne goût à la peinture moderne. La guerre s’avance, les nazis sont aux portes de la France, Monsieur leur ouvre volontiers et quand il leur livre les tableaux des familles juives que Madame voulait protéger, elle « ne mangea plus que pour avoir quelque chose à vomir. » Le lecteur qui s’était servi un vin léger a tout à coup du mal à avaler… On passe, avec le siècle, de la légèreté à l’horreur. La résistance de Madame lui vaudra les camps, la défiguration humaine, le vol de son identité, la mort presque. Comme d’autres rescapés, Madame connaîtra ensuite la non-vie, le désir d’en finir. C’est, à nouveau, la peinture qui la sauvera, avec son art d’abandonner « la figure humaine pour la seule couleur. (…) Elle avait vu l’homme trop nu et elle ne l’aurait pas supporté peinturluré à la va-vite. »
Didier Goupil accompagne son héroïne jusqu’aux portes du nouveau siècle. Ses phrases ciselées ont l’élégance de la laisser vivre en nous, de n’en faire ni une sainte, ni une martyre. Juste une femme du monde. De notre monde.

Femme du monde
Didier Goupil
Le Serpent à plumes
105 pages, 5,50

Peinture du siècle Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°43 , mars 2003.
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