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Dossier Mario Rigoni Stern
Les sentiers de la vie

octobre 2003 | Le Matricule des Anges n°47 | par Philippe Savary

Ecrivain de paix, inlassable narrateur de son bout de plateau vénitien, Mario Rigoni Stern cultive au rythme de ses récits une terre de la mémoire. De la folie guerrière, à ces pères contraints d’émigrer, en passant par le bonheur d’une partie de chasse, l’auteur du Sergent dans la neige délivre une parole fidèle, fraternelle et universelle.

À 1000 mètres d’altitude, à égal chemin entre Vicence et Trente, sur le plateau des pré-Alpes vénitiennes, niche Asiago, bourgade tranquille, au charme propret. Été comme hiver, le touriste s’y presse : le paysage tout en rondeurs offre de belles randonnées, à pied ou à skis de fond. Asiago, réputée pour son fromage et ses carrières de marbre rouge, compte parmi ses 7000 habitants au moins deux célébrités : l’écrivain Mario Rigoni Stern et le cinéaste Ermanno Olmi. Le premier a ramené de l’enfer du front russe un récit autobiographique qui a fait le tour du monde, Le Sergent dans la neige. Le second est revenu de Cannes avec une Palme d’or (L’Arbre aux sabots, 1978) et de Venise avec un Lion du même métal (La Légende du Saint-Buveur, 1988). Les deux hommes, qui habitent côte à côte sur les hauteurs d’un hameau, entre prés et bois, ne sont pas seulement voisins. Ils embrassent l’horizon d’un regard commun : une égale rigueur morale, la même restitution attentive du quotidien de leur chère civilisation alpine, un souci permanent de sauvegarder la richesse d’une humanité, sans cesse outragée.
De leur collaboration est né, il y a plus de trente ans, L’Or de la montagne. Ce film retrace le destin des habitants du haut plateau qui, pour survivre, récupéraient le matériel de guerre, cartouches, obus, explosifs parmi les ossements qui affleuraient du sol. C’est qu’ici, sur l’ancienne frontière qui séparait l’Empire des Habsbourg du royaume de Victor-Emmanuel, la vie fut âpre, et la grande histoire sanglante : Autrichiens et Italiens s’entre-tuèrent à coups de mortiers et de lance-flammes dès 1916. Aux premières lueurs d’incendies suivirent l’exode des populations puis la dévastation du pays. Au nord d’Asiago, l’Ossuaire monumental, édifié par Mussolini, rappelle la tragédie : plus de 55 000 dépouilles de soldats y reposent. Cette réalité-là, de terre et de sang mêlés, irrigue une grande partie des récits de Mario Rigoni Stern.
Visite guidée obligatoire. Le vieil homme a le pas sûr lorsqu’il s’agit d’arpenter les rues de son enfance. Il indique du doigt ses souvenirs. Précise un lieu, une date. À Asiago, il est un monument. Les policiers le saluent. La mairie lui ouvre ses portes. Les libraires réservent à ses livres les plus beaux rayons et l’auteur joue le jeu, avec malice : quelques titres mis en vente portent déjà sa dédicace… Il se dégage de cet homme-là une force naturelle il a la patience du paysan, la voix monocorde du Vénitien et une mémoire d’une galopante vitalité. Chez lui, inutile de traquer le spectaculaire. Son expérience de la guerre, tout comme sa vie parmi les siens, bergers, chasseurs, bûcherons, lui ont appris l’humilité et la juste valeur des choses. Il n’a aucun message à délivrer et se méfie des grandes sentences : Rigoni Stern est un témoin, un passeur, un conteur, un récupérateur de mémoire. « Sur ma carte d’identité, dit-il, est inscrite ma profession : écrivain. Mais moi, je préfère le terme de narrateur. » Et...

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