La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Hautes solitudes

septembre 2004 | Le Matricule des Anges n°56 | par Thierry Cecille

D’attente et de désillusion, de pauvres espoirs et de désarrois tenaces, de visages entrevus et enfuis sont tissées certaines vies. Gisèle Fournier en fait un récit à la française : sans la dimension plurielle (qui peut n’être que boursouflure) du roman, mais avec l’élégance d’une construction plus légère qui instille, peu à peu, la grâce magique d’une révélation. Comme dans Mentir vrai (voir Lmda N°44) que rappelle ici l’épigraphe de Pinget : « Jamais personne ne pourra dire que je n’ai pas dit la vérité », elle veut atteindre, à pas mesurés, le secret de vies minuscules, hésitantes, entre la tentation du retrait définitif et celle du saccage. Une femme inconnue, différente, apparaît et s’installe, au cœur de l’hiver, sur les hauteurs d’un causse enneigé, « à l’écart de tout, où seuls demeuraient ceux qui ne pouvaient aller ailleurs ou qui, pour une raison peut-être ignorée d’eux-mêmes, restaient attachés à ce pays ». Autour d’elle quelques hommes s’agitent, quelques femmes peut-être la jalousent, la rumeur court et dissimule, plus qu’elle ne les révèle, les non-dits. Puis elle disparaît, dans la lumière et la touffeur de l’été : est-elle repartie sans prévenir ? A-t-elle été victime d’un accident, d’un crime ? En vérité le mystère naît ici de l’absence de tout mystère et, surtout, de ce que les hommes s’effacent derrière la force éclatante de la nature. Nommés avec précision et décrits avec une attention presque pieuse, cette sorte de ferveur païenne et pourtant retenue que l’on trouve chez Giono, la terre, les arbres, les fleurs, les insectes et même les pierres vibrent d’une vie propre, plus pleine que celle des humains, en proie au doute et à l’appel trahi ou vain du désir.

Perturbations de Gisèle Fournier
Mercure de France, 114 pages, 12,50

Hautes solitudes Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°56 , septembre 2004.
LMDA papier n°56
6.50 €
LMDA PDF n°56
4.00 €