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Domaine français Dans le labyrinthe

septembre 2004 | Le Matricule des Anges n°56 | par Thierry Cecille

Comme il est nécessaire, face à certains paysages, d’accommoder notre regard, pour qu’il ne s’y perde pas, il faut, pour entrer dans certains romans, accommoder notre lecture : la difficulté vient ici à la fois d’un certain traitement de la temporalité romanesque, et d’un ton, d’une voix narrative, propres à nous désarçonner. L’Enfant bleu relate la cure que suit, pendant plus de douze ans, Orion, au début adolescent, auprès de Véronique, analyste dans un hôpital de jour parisien : elle écoute, patiemment, avec dévouement même, ses bribes de récit, prend note de ses « dictées d’angoisse », supporte ses accès de rage, l’accueille dans son propre foyer, le guide vers l’art, où il trouvera peu à peu, peintre et sculpteur en voie d’être reconnu, une échappatoire et une forme de constitution de soi. Nous devons, pour ne pas perdre pied, faire preuve, nous aussi, d’une certaine patience, d’une empathie attentive : si nous sommes, dès l’abord, conquis et convaincus par la maîtrise avec laquelle Bauchau qui, né en 1913, fut psychanalyste en même temps que poète et romancier transcrit le langage « chambardifié » de cet être « de désastre » pour qui le « je » est impossible, si nous sommes sensibles à la réinvention de certains mythes qui accompagnent les créations d’Orion, nous devons accepter les aléas, tours et détours de ce cheminement psychanalytique, l’absence d’événements saillants, la découverte lente et fatalement inachevée de ce labyrinthe mental. Bauchau prend par ailleurs le risque d’un langage à la fois métaphorique et naïf, tente de redonner aux mots une sorte d’innocence, de limpidité, ou de pesanteur. Il y parvient le plus souvent, et nous fait ainsi ressentir, page après page, par « l’obscur, le long travail juste » qui est le sien comme celui de Véronique « la bataille toujours perdue que soutient l’indéracinable espérance ».

L’Enfant bleu de Henry Bauchau
Actes Sud, 374 pages, 21,90

Dans le labyrinthe Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°56 , septembre 2004.
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