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Domaine français Mission très accomplie

novembre 2004 | Le Matricule des Anges n°58 | par Gilles Magniont

Chouette : Raphaël Majan ajoute deux nouveaux chapitres, drôle et retors, à sa série policière.

Le Collège du crime

Si, après chaque meurtre, on arrêtait immédiatement le premier ou le deuxième venu, il n’y aurait plus de crime impuni » : c’est la raison toute nue qui a ouvert les yeux du commissaire Wallance. Une allègre logique, dont il s’autorise pour mener à bien sa croisade sécuritaire et s’effacer ainsi devant une mission qui « relève du travail d’intérêt général plus que particulier ». Sauf que Wallance n’arrête pas vraiment « le premier ou le deuxième venu ». Il boucle qui lui chante, et donc (forcément) qui lui déplaît. Qui plus est, et toujours pour gonfler les statistiques, le voilà qui entreprend d’accomplir tout le boulot, en commençant par les meurtres : mais trucider d’anciens camarades de collège, ne serait-ce pas obéir encore à des pulsions bien personnelles ? Le commissaire n’est pas assez aveugle pour ignorer ces écarts, mais il est suffisamment casuiste pour les étouffer sous un raisonnement « arrêter de prétendus innocents et en assassiner d’autres, il ne le fait pas pour lui mais pour la société, de sorte que toute esquisse d’un sentiment de culpabilité le débarrasse illico de tout sentiment de culpabilité, puisque ça prouve comme cette tâche recèle d’inconvénients pour lui et que c’est donc bien le principe de devoir plus que de plaisir qui le guide »
On retrouve en souriant les ruses de la raison wallancienne. Il y a six mois à peine, l’énigmatique Raphaël Majan qui aurait travaillé au ministère de l’Intérieur proposait ses deux premières « contre-enquêtes » ; Le Collège du crime et Les Japonais permettent maintenant au lecteur de renouer avec un plaisir sans conséquences, selon l’adultérine loi des séries. Toujours, en couverture coquette, un montage moderniste et sanglant ; encore, à intervalles réguliers, les crimes saugrenus perpétrés par Wallance (une Coréenne noyée dans la machine à laver, un psychanalyste écrasé sous son piano) ; non moins souvent, d’anthologiques scènes d’interrogatoire où s’agite absurdement le petit monde des seconds rôles (l’adjoint benêt, le divisionnaire infatué) ; et puis, bien sûr, la saine agressivité sociale dont se nourrit régulièrement le récit : « Marie-Christine Papillaud née de la Borne, ça faisait plaisir de la voir descendre petit à petit tous les échelons pour se retrouver au bas de l’échelle, le commissaire aurait bien aimé être là quand elle est entrée dans le bureau du juge Aramandes, puis quand elle en est sortie, puis quand elle est entrée dans sa cellule, puis quand elle n’en sort pas ».
Peu de choses peut-être, mais des phrases bien tournées, qu’on peut préférer en temps de Toussaint à d’autres divertissements plus prétentieux. D’autant que les intrigues, nonobstant leur caractère éminemment ludique ou invraisemblable, permettent de jeter en passant quelques coups d’œil finauds sur l’actualité. Ainsi lorsque notre commissaire est pris du désir de « tuer nippon » (entreprise certes irrationnelle, mais non dénuée de panache, puisque « s’il s’attaquait à des Noirs ou des Arabes, ce serait plus banal, il aurait le soutien plus ou moins implicite de sa hiérarchie »). Chaque tentative de meurtre se soldant par un échec, il projette, désespéré, de déposer une bombe à l’ambassade du Japon : idée vite abandonnée, car l’hécatombe serait versée au dossier du terrorisme. Or c’est « aux crimes de tous les jours qu’il en a, pour les terroristes, tout le monde est déjà d’accord qu’arrêter n’importe qui est une solution convenable ». Élémentaire, mon cher Wallance.

RaphaEl Majan
Le Collège
du crime

et Les Japonais
P.O.L
202 et 198 pages,
12 chacun

Mission très accomplie Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°58 , novembre 2004.
LMDA papier n°58
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