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Poésie Le chant des stèles

juillet 2005 | Le Matricule des Anges n°65 | par Lucie Clair

Instituteur mal noté comme en témoigne sa fiche d’inspection incorporée en signet, membre du groupe de Rochefort-sur-Loire avec Jean Follain, René Guy Cadou n’attendait rien de sa poésie que le plaisir de la chanter : « Le blues que je chante je le chante pour les mangeurs de citrons ». Le blues que reprend et prolonge Roland Halbert, allant à la rencontre de ce frère en simplicité, mort en 1951 à 30 ans et trop vite oublié. Dans le labyrinthe d’un cimetière nantais au nom léger, « La Bouteillerie » (« - on dirait/ dans un dictionnaire…/ Ou dans une bibliothèque/ à ciel ouvert/ d’ouvrages couchés/ sur la tranche du chagrin/ »), l’hommage naît d’un monologue âpre et tendre à la fois, de l’emboîtement des textes et de leur mise en abîme « pour retrouver/ au bas du monde/ la plus humble nielle des blés/ dont on n’a plus de nouvelles ».
Aux antipodes de la mélancolie, par infiltration rythmique, une voix danse, décloisonne un monde au goût formaté, et convoque, avec « umour », la réverbération de sa complexité : « 2002, quoi de nouveau ?/ Les avions entrent par les fenêtres/ et ressortent par les yeux. » Car ici la poésie est un acte jubilatoire et sauvage, exacerbant les contrepoints, alternant prose, haïku et déconstruction, écriture graphique et polyphonique, en complicité ouverte avec ces « bornes d’orientation », Cendras, Jim Harrison, T.S. Eliot, Dante, Apollinaire, Vaché… et Julien Gracq, pour l’amitié. À lire comme on écoute un morceau de Coltrane, d’une traite. Le souffle est à l’intérieur, « au cœur de la meule/ qui est un pouls de musique/ subtil et/ inaltérable ».

Blues pour Cadou de Roland Halbert
Photographies de Philippe Thomassin
Coiffard libraire-éditeur, 192 pages, 22,80

Le chant des stèles Par Lucie Clair
Le Matricule des Anges n°65 , juillet 2005.