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juillet 2005 | Le Matricule des Anges n°65 | par Gilles Magniont

Assortis des extraits inédits d’un journal, les Romans noirs de Jean-Patrick Manchette sont regroupés dans un épais volume. Double bénéfice : couronner une œuvre essentielle, revoir certaines idées reçues.

Une malédiction pèse sur Manchette. Quand on le loue, c’est aussitôt pour lui attribuer des rejetons difformes. Certains voient en lui le père du néopolar à la française, nébuleuse d’intrigues humanistico-libertaires portées à bout de plume moderniste ; d’autres, plus étourdis encore, associent son nom à la fine fleur des écrivains réactionnaires en ec. Comment s’y retrouver ? Déjà, en 1970, dans son journal, notre homme s’amusait d’un premier malentendu, notant qu’un de ses manuscrits avait été lu de travers : on s’attendait « à voir apparaître un auteur parachutiste et paranoïaque »… Le manuscrit en question, c’était L’Affaire N’Gustro, premier des dix romans noirs à paraître dans la Série Noire, entre 1971 et 1981 : ce que notre édition nomme justement la « décade prodigieuse ». L’intrigue y tourne autour d’un narrateur dénommé Henri Butron. C’est le fils d’un médecin rouennais, tôt devenu petite frappe pour échapper à son univers bourgeois. Le voilà qui flirte avec l’OAS, qui tabasse les étudiants contestataires, puis qui d’un même mouvement absurde en vient à assurer la protection d’N’Gustro, chef de l’opposition marxiste au gouvernement du « Zimbabwin » piètre protection, car N’Gustro est enlevé puis assassiné au vu et au su de nos Renseignements Généraux. Guerre d’Algérie, affrontements de rue, meurtre du leader marocain Ben Barka, etc. : nouveauté d’importance sur les terres du récit policier hexagonal, la fiction s’appuie ici sur une très brûlante actualité. Et Manchette, ce en quoi il est encore plus singulier, n’accompagne cette immersion d’aucune « dénonciation » univoque. Butron est une brute mais sa révolte a quelque raison d’être ; s’il dénonce in fine l’indignité de l’ordre social, ses propos sont toutefois empreints d’une emphase risible ; quant aux barbouzes africains, ils accomplissent des actes sanguinaires tout en étant avertis du complexe de supériorité occidental. Et les activistes gauchistes sont dépourvus d’intelligence comme d’innocence : on repassera pour les personnages sympathiques. C’est aussi inconfortable qu’un Ellroy dont Manchette fut justement l’un des premiers, ici, à faire la réclame.
C’en est aussi très différent. Car Manchette, pour l’essentiel des fictions qui vont suivre, va abandonner la narration à la première personne. Ça n’a l’air de rien, mais cet air de tourner autour des personnages, en se gardant bien de sonder leur conscience confuse, il y tient beaucoup. Plus d’états d’âme étalés, pas de fioritures, aucun flottement poétique ; mais des notations sèches et factuelles qui lui permettent de se placer dans le voisinage immédiat de Dashiell Hammett pour mémoire : inventeur du polar et membre du parti communiste comme sous le plus lointain patronage de Gustave Flaubert pour mémoire encore : chef de file du « réalisme » et contempteur de la farce bourgeoise. Dans ses Chroniques, articles de haute volée portant sur la théorie et l’actualité du genre policier, il expose la nécessité de ce style...

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