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Poches L’art et l’imposture

juillet 2005 | Le Matricule des Anges n°65

Artistes sans art ?

La thèse de Jean-Philippe Domecq est simple et cette simplicité elle-même est une arme de combat, courageuse : l’art contemporain du moins pour nombre d’artistes que l’on s’accorde à reconnaître comme représentatifs a remplacé l’œuvre par le commentaire sur l’œuvre ; le discours a débordé et finalement annulé la création qu’il aurait dû seulement éclairer. Bien entendu l’art fut toujours accompagné par la pensée sur l’art et en particulier avec la rupture de la modernité mais cette alliance mouvante et complexe (Baudelaire et Delacroix, Zola et les impressionnistes, Apollinaire et le cubisme) est devenue une association stratégique, puissante et calculatrice, entre les partenaires intéressés : artistes, critiques et journalistes, galeries, marchands et institutions culturelles (pensons aux dérives des FRAC en France). Pour tous l’objectif est le même, car « la spéculation financière sur les œuvres dépend de la spéculation intellectuelle qui les a promues ». Domecq, avec la vigueur du pamphlétaire et la vigilance de l’amateur, retrace cette histoire à rebours pour mieux en décrire les enchaînements, les vogues et vagues successives de cette « tradition du nouveau », et dénonce alors aussi bien l’habile autopromotion d’un Buren que l’imposture autour du pop’art et de Warhol (grand-prêtre encensé du « kitsch d’avant-garde ») ou la success story de la conquête du marché international par l’art américain (action painting et expressionnisme abstrait) en parallèle au plan Marshall. À l’inverse il rappelle avec force qu’« une œuvre digne d’attention a toujours outrepassé les commentaires qui l’ont précédée et suivie » parce qu’elle est une présence et une énigme, en deçà comme au-delà des interprétations : c’est ce qu’il approche, dans de belles pages (et l’on se prend à souhaiter un livre qui développerait ces exercices d’admiration) sur Matta, Giacometti, Hopper, ou Vieira da Silva.

Artistes sans art ? de Jean-Philippe Domecq
10/18, 288 pages, 7,80

L’art et l’imposture
Le Matricule des Anges n°65 , juillet 2005.