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Entretiens Emporté par la ville

janvier 2006 | Le Matricule des Anges n°69 | par Lise Beninca

Premier texte du Mexicain Fabrizio Mejía Madrid à être traduit en français, « Le Naufragé du Zócalo » est l’histoire loufoque et cuisante d’un homme en déroute, sous l’emprise d’une ville tentaculaire qui sans cesse renaît de ses cendres pour mieux s’effondrer.

Le Naufragé du Zocalo

À la veille de son trente et unième anniversaire, Pablo Urbina émet quelques amers constats. Il allume une cigarette et songe qu’il n’a ni femme, ni travail, ni cadeau à s’offrir. « Ma vie n’est pas pour autant bonne à jeter. La considérer comme un échec, c’est une façon de voir, l’autre étant de ne pas la considérer du tout. » En revanche, il a le sens de la formule : « De l’avenir je n’ai qu’une idée vague excepté la date de péremption du lait. » Le jour où Urbina est né, il a paraît-il neigé sur Mexico. Depuis, il attend que le miracle se reproduise. Sa femme lui a offert le blouson qu’il traîne chaque jour, au cas où. Puis elle l’a quitté. « L’amour est comme ces serrures desquelles on veut avoir les clés. Tout finit quand on se souvient qu’elles sont fausses. » Engoncé dans son vieux blouson, Urbina traverse sa vie comme il traverse Mexico, nonchalant, blasé, désœuvré. « On a beau dormir, il reste toujours une dizaine ou une douzaine d’heures par jour pendant lesquelles, houspillé par la honte ou par les regards fulminants des voisins, on peut se sentir forcé de vivre. » Aussi impassible face aux événements sordides que face aux merveilleux, Urbina savoure sa lente dérive. La Vierge de Guadalupe peut bien lui apparaître, cela ne lui fait ni chaud ni froid. Mexico est la ville où tout arrive, mouvante au gré des catastrophes sur lesquelles elle se repose, comme la structure du roman. À tout moment, un volcan peut entrer en éruption, un fleuve sortir de son lit, la démesure s’immiscer dans le quotidien. Urbina fait face par son inertie tranquille. Il ne demande rien d’autre que demeurer dans cette ville nourrie d’Histoire, de fantastique et de tragique, où « les marchands ne vendent pas du poisson mais leur parole d’honneur qu’il est frais », où « le métro n’est qu’une strate géologique de plus » entre les os de dinosaures et la vaisselle aztèque.
Ce roman singulier, cynique et tendre, a valu à son auteur (né en 1968) le prix Antonin Artaud au Mexique.

Pourquoi avoir fait de la ville de Mexico le personnage principal de ce livre ?
Depuis La Plus Limpide Région, de Carlos Fuentes, les écrivains mexicains ne relèvent plus le défi de résumer la ville de Mexico en un seul livre. Il y a bien eu des romans sur certains quartiers ou certains lieux emblématiques, mais aucun embrassant la ville tout entière. Je voulais que mon narrateur soit immergé au cœur de cette ville, qu’il soit à la dérive, improvisant sa propre existence comme une survie jouissive. La génération d’écrivains nés entre la mienne et celle de Carlos Fuentes a perçu Mexico comme une menace, une chose monstrueuse et bizarre à laquelle il fallait échapper. Ils n’ont pas su voir en elle le futur de toute mégapole : un lieu au-delà de l’apocalypse, où existent la vie, l’amour, l’enracinement, la difficile cohabitation entre classes sociales, un lieu en perpétuelle mutation. C’est peut-être parce que nous formons la génération qui a mis, au sens propre, la...

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