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Domaine étranger Sentiments coréens

janvier 2006 | Le Matricule des Anges n°69 | par Dominique Aussenac

La Dame de l’Anémone

Pour les Occidentaux, les patronymes coréens ne sont pas des plus révélateurs. À la lecture de La Dame de l’anémone, recueil de quatre nouvelles qui présente des portraits féminins peints avec une troublante et fragile sensibilité, un sens du détail, beaucoup de compassion, on se dit qu’il n’a pu être conçu que par une femme. Faux. Chu-Yo-Sup (1902-1972) était bien un homme. Il quitta la Corée pour faire des études au Japon, en Chine, puis aux États-Unis, enseigna à l’université de Pékin, puis revint en Corée, fut journaliste. Il excella dans l’art du texte court. La première nouvelle, « Le riz pour chiens », décrit les affres d’une servante obligée de voler le riz dans la gamelle d’un chien pour nourrir son bébé. Ce dernier finira par mourir. Auparavant, dans un accès de désespoir, elle battra l’animal, le mordant jusqu’au sang. Phrases courtes, incisives, montée dramatique, le final combine avec une belle virtuosité, violence, égarement de la mère, hébétude et visions dans lesquelles l’enfant réapparaît, proférant des reproches. « Le locataire et ma mère » évoque le poids des conventions sociales qui empêchent une veuve de répondre à l’amour de la personne qu’elle héberge. Là, le lien entre les deux êtres qui ne se rencontrent jamais est fait par une petite fille qui pétille de naturel, de bon sens et de naïveté. Le titre éponyme, lui, décrit une maison de thé où la tenancière est séduite par un étudiant mélancolique et particulièrement timide. Mais ce n’est qu’une illusion ou plutôt un mal-entendu, sous le regard placide de Mona Lisa. Enfin, « Le laideron » dévoile la vie à l’écart d’une femme affublée d’un bec de lièvre et qui se retrouve enceinte. Des nouvelles particulièrement émouvantes, par un auteur aussi sensible que pudique.

La Dame de l’anémone de Chu Yo-Sup
Traduit du coréen par Han Kyung-Mi et Patrick Pidoux, Éditions de l’aube, 159 pages, 15

Sentiments coréens Par Dominique Aussenac
Le Matricule des Anges n°69 , janvier 2006.
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