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Domaine étranger Vivre après le nazisme

février 2006 | Le Matricule des Anges n°70 | par Franck Mannoni

En Allemagne, au début des années 50. Vroni, une enfant née juste après le conflit mondial, vit dans un bourg dirigé par son grand-père. Le patriarche, qui fait et défait les couples au sein de sa famille, redistribue les enfants entre ses filles selon son bon vouloir. Il est le maître chez lui. Xénophobe, antisémite, il n’a en rien changé ses opinions délétères. Il fustige la « clique de communistes et de juifs », ces réfugiés qui « sont venus de l’Est et se sont implantés comme des parasites ». De ce point de vue, le seul ami de Vroni a le malheur de cumuler les tares : il est d’origine russe, juif et sa famille a hérité de la seule usine de la commune. Le conseil municipal le harcèlera jusqu’à ce qu’il parte. Vroni n’est pas mieux lotie. Son père, atteint par un éclat d’obus pendant la guerre, se montre violent. Jusqu’à l’âge de 13 ans, Vroni vit dans la peur l’humiliation et les coups. Le nazisme a détruit les consciences, la guerre a détruit les hommes. L’ancienne génération est fataliste : « La vie est une chose décidée à l’avance et l’individu ne peut rien y changer. » Claire Beyer, qui nourrit un certain pessimisme pour ceux qui ont vécu cette période apocalyptique, porte ses espoirs sur la deuxième génération. Ces enfants ont été chargés du deuil d’une guerre perdue. Ils ont, pour certains, grandi en continuant d’entendre des idées racistes. Ils représentent l’avenir, mais sont déjà brisés, héritiers et coupables d’un passé sur lequel ils n’ont pas pesé. Vroni doit s’affranchir de ce double handicap en évitant la culpabilité, car « la honte gèle toute parole ». Très habilement, Claire Beyer offre une suite littéraire au film Allemagne année zéro de Rossellini réalisé en 1945. Une vision lucide sur l’avenir traumatique de tout un peuple.

Mauvaise herbe de Claire Beyer
Traduit de l’allemand par Amélie Féry,
Éditions Jacqueline Chambon, 141 pages, 18

Vivre après le nazisme Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°70 , février 2006.
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