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Éditeur L’humble porte-voix

mars 2006 | Le Matricule des Anges n°71 | par Thierry Guichard

Depuis quinze ans, Jean-Louis Escarfail bâtit Le Bruit des autres, une maison d’édition qui relaie les voix singulières de la poésie, de la prose et du théâtre. Pour faire entendre du monde une intime révolte.

C’est dans un quartier proche de la gare de Limoges que s’est installée la maison d’édition Le Bruit des autres. Une maison avec un petit jardin appuyé sur une impasse. L’endroit est calme et Jean-Louis Escarfail vit là avec ses trois grands enfants et sa compagne : « Le Bruit des autres est une maison familiale » plaisante le Limougeaud. L’homme est né ici en 1949, dans une famille modeste dont le père était peintre en bâtiments. À 15 ans, l’adolescent entre en apprentissage à la SNCF. Là, il rencontre Daniel Soulier, arpète comme lui. Ces deux-là ne vont plus se quitter et bien des années plus tard, Daniel Soulier sera le premier auteur de la maison d’édition. Pour parler de ces trois ans d’apprentissage, Jean-Louis Escarfail évoque le sentiment de faire partie d’une famille, de s’être forgé une conscience politique et d’avoir appris là à lire réellement. Un autre apprenti lui ouvre la voie de la poésie en lui prêtant un livre de Rimbaud : « on allait chercher des bouquins d’occasion, le samedi, rue Julienne. » Après le service militaire, il sera conducteur de trains pendant dix ans.
Dans le même temps, engagé avec le Parti Communiste, l’homme ancre son combat dans le théâtre : « j’avais une troupe : le Théâtre de l’événement. On faisait de l’agit-prop. J’écrivais les canevas de ce qu’on jouait mais c’était impubliable : le texte n’était pas plus important que le jeu, la lumière. On se plaçait du côté de la classe ouvrière. »
En 1981, Escarfail bénéficie d’une disponibilité syndicale pour diriger une radio associative tenue par la CGT : Radio Luttes. L’expérience dure cinq ans : « On recevait des artistes, on baignait dans le monde théâtral. Pour trouver des financements, on avait fait un portfolio avec des textes inédits de Soupault, entre autres. Il y avait un poème d’Antoine Vitez qui se terminait par » Mon corps est fait du bruit des autres«  »… L’homme quitte la radio en 1986 et il devient réparateur de machines à la SNCF. Daniel Soulier, entré dans sa carrière d’homme de théâtre en 1972 (acteur, marionnettiste, metteur en scène) lui fait lire un manuscrit qu’il a écrit après la mort de Vitez avec lequel il a collaboré pendant dix ans : ça s’appelle Après l’amour et aucun éditeur n’en veut. « Alors j’ai décidé de publier cette pièce. On a emprunté un peu d’argent à des amis que nous remboursons toujours en leur donnant chaque nouveauté parue. » Jean-Louis Escarfail cite Pierre Frémont, secrétaire de l’association qui a été de « toutes les aventures : l’apprentissage Radio Luttes et le Théâtre de l’Evénement ».
Il faudrait dire maintenant combien l’homme qui nous reçoit pose une parole prudente, presque empêchée par une pudeur, une retenue. On entend, dans l’évocation de sa vie arrachée à son corps défendant, l’expression d’une colère sourde, celle aussi d’une grande tendresse endeuillée. On devine facilement que ses combats n’étaient pas sans enjeux idéologiques, bien sûr, mais fraternels, surtout.
Le premier...

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