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Événement & Grand Fonds La fable perpétuelle

avril 2006 | Le Matricule des Anges n°72 | par Richard Blin

Poète de la présence réelle et de l’éveil à l’absolu, Robert Marteau orchestre, dans un gros roman polyphonique, la mémoire toujours vive des voix de son enfance. Des pages qui mettent en musique destin et tradition.

Dans l’herbe

Voici un roman atypique, inactuel, intemporel, mais immensément riche de tout ce qui fait la grande poésie. C’est que poète, Robert Marteau l’est depuis Royaumes (1962), Travaux sur la terre (1966), et Sibylles (1971), jusqu’à la série récente des Liturgie, journaux écrits en sonnets (Louanges, Registre, Rites et offrandes, tous chez Champ Vallon). Et poète, il le reste quand, comme ici, il nous propose une sorte de chronique romanesque de la vie d’un village, à la fin des années 20 et au début des années 30. Un village d’une quinzaine de foyers, où on ne parle à peu près que le patois. Roman de la mémoire, de la transmission de la mémoire, Dans l’herbe semble avoir été porté depuis l’enfance, mûri à la lumière même de ce que fut la jeunesse de Robert Marteau, né en terre poitevine, au centre de la forêt de Chizé, où ses parents et grands-parents étaient à la fois exploitants agricoles et exploitants forestiers. Très tôt, il eut à garder les vaches, à sarcler, à récolter, à charger et à décharger les charrettes de fagots ou de rondins, à tenir sa place là où on avait besoin de lui. La nature, les arbres, les chevaux, les animaux, les histoires qu’il entendait raconter par ses oncles et ses grands-parents furent ses premiers maîtres, ses premiers livres. Et quand on lui apprit à lire, ce fut pour qu’il puisse faire la lecture à sa grand-mère qui, diabétique, devenait progressivement aveugle. C’est de cette enfance, de ses origines, que Marteau a tiré la substance et l’intense vérité de Dans l’herbe. L’ouvrir, commencer à le lire, c’est un peu s’enfoncer dans une forêt, se glisser sous son manteau magique, découvrir une réalité faite d’arbres, de fruits, de plantes, d’oiseaux et d’animaux sur lesquels veillent le soleil et la lune, les étoiles et les astres. Mais c’est aussi pénétrer dans une cathédrale sonore, résonante des voix de ceux qui vécurent en ces lieux, et qu’on découvre peu à peu, au fil des paroles des uns et des autres. Car ce roman n’est fait que de voix prenant successivement en charge le récit, à la façon des instruments dans un orchestre. Car ici, on cause pour causer. « On sort pas de chez sé sans se trouver avec l’un ou l’autre du village, alors bien entendu il faut avoir quoi dire et ne pas passer son chemin comme un ours, comme si on avait affaire à des étrangers qu’on aurait jamais vus ». Voix dont la fécondité semble intarissable, modulant la musique du temps, interrogeant ou suscitant la confidence, rendant compte de ce qui se sait ou se trame, voix toujours incarnée et nourrie de toute la subjectivité de celui qui parle.
De cette coulée verbale, de ce discours sans cesse relancé, de ce flot d’observations, de sensations, de commentaires ou de souvenirs, émergent peu à peu les figures de ceux qui forment cette communauté villageoise dont faisait partie la famille du narrateur principal. Il y a ceux qui passent leur temps à s’intéresser aux autres, comme Irma, « qui reste plantée devant sa grille toute la journée...

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