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Dossier François Salvaing
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septembre 2006 | Le Matricule des Anges n°76 | par Thierry Guichard

Il y a au cœur de Jourdain un secret et un noyau. Du secret, on ne dira rien : il participe de la vitesse avec laquelle on lit le livre. Jourdain est un vieil homme qui a traversé une bonne partie du vingtième siècle, connu les camps de concentration, fait fortune en Afrique, a étendu un empire financier. Et à Pigalle fréquente un bar à putes. Pour la même prostituée qu’Hocquart, quinquagénaire et producteur pour la télévision. Jourdain fut un ami des parents d’Hocquart, ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps.
À plus de 70 ans, Jourdain s’apprête à partir, quitter le monde avant de quitter la vie. Que va-t-il laisser, aux siens, derrière lui ? De voir Hocquart lui donne une idée : et si tu faisais un reportage sur moi ? Instinctivement antisémite, ce qu’il découvre non sans effarement, Hocquart accepte. Le roman sera donc le récit de ce tournage, nous entraînant à L’Isle-Jourdain (par le train), en Afrique (un peu de bateau), à New York (avion), Israël enfin. Jourdain a un héritage à laisser qui n’est pas tant fait d’argent (encore que si) que d’une mémoire. Surtout, il a un projet mystérieux. C’est le secret, nous n’en dirons rien.
Le noyau du livre, ce pourrait être ce que son auteur en dit : qu’est-ce que c’est, d’une part, d’être juif et Français, d’autre part d’avoir vécu avant et après Auschwitz. Ce n’est pas un mince sujet. Le noyau, ça pourrait être aussi simplement : qu’est-ce qu’on laisse quand on s’en va ? Livre grave, Jourdain pourtant se lit avec délectation. C’est que François Salvaing excelle à nous mener en bateau. Coupées cut au montage, les scènes s’enchaînent telles les collines du Gers « comme une farandole ». L’art de la narration ici est un art de la surprise. Voyez comment le narrateur nous présente le caméraman : « Jusqu’ici, dans le récit, son identité est restée réduite à sa fonction. Ne jamais regarder la caméra, a recommandé Hocquart à Jourdain, et Jourdain, pas davantage, ne regarde le cameraman, appendice de son instrument de travail. On a dû lui dire son nom, il ne l’a pas retenu. Inscrivons-le : Jocelyn Damoiseau. » L’élégance de la prose, la profondeur du récit : c’est du plaisir sur de la pensée.

Jourdain, Fayard, 440 pages, 22

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