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Essais Au sein de la Mère

mars 2007 | Le Matricule des Anges n°81 | par Éric Dussert

Thème récurrent sur lequel s’est toujours exercée l’imagination humaine, les mondes souterrains disposent enfin de leur bibliographie universelle.

Depuis la caverne de Platon, on n’ignore plus les vertus du sous-sol sur l’imagination de l’homme. Fantasmes du havre douillet niché dans le ventre de Gaïa, la Terre-Mère, utopies des mondes minuscules, sûrs, confortables et paisibles, hypothèses techniciennes démontrant les capacités et l’ingéniosité de l’être humain, rêves d’harmonie ou désir de repli sur les origines de l’Homme, le sous-sol et ses grottes ont produit d’autres trésors que l’huile de pierre (petra oleum, vulg. pétrole) qui nous fait tant courir. Et blêmir. C’est du moins ce qu’il ressort du vaste chantier de fouilles entrepris par Joseph Altairac et Guy Costes dans les mines de nos bibliothèques en toutes langues, dont les résultats s’impriment en huit cents pages et forment rien de moins qu’une cathédrale bibliographique, aussi haute qu’ils sont allés chercher bas.
Retrouver tant d’occurrences du mythe de la caverne revu, corrigé, amendé, jaugé, complété, défait ou contourné, paraît tout à fait extraordinaire. Et pourtant, l’ouvrage est là qui, des Timée, Critias de Platon, vénérable initiateur d’avant J.-C. (-427/-347) à La Mission céleste de Raymond Spinosi et Jean Michel Roux dont les « ovnis éthériques » flirtent avec la fiction ésotérique (Les 3 Spirales, 2005), ce sont exactement deux mille et onze mondes souterrains qui apparaissent, Jules Verne n’intervenant qu’à partir de la 94e notice avec « Les Anglais au pôle Nord » donné en feuilleton par le Magasin d’Éducation en 1865. Soit après George Sand, E. A. Poe, le théosophe Saint-Martin, Erckmann-Chatrian, le Telliamed, Le Dernier Homme de Cousin de Grainville (1805), les fameuses explorations de Brambeus, merveilleuses fantaisies traduites du russe en 2001 par Paul Lequesne et des dizaines d’autres textes français et étrangers. Verne se rattrapa efficacement par la suite en devenant peu ou prou le rénovateur du mythe, l’évidente référence populaire sur le sujet.
Construit comme une véritable bibliographie sur des notices riches et documentées, offrant de très nombreux illustrations, citations et commentaires, Les Terres creuses donnent à voir un monde englouti de papier, de livres, de brochures et parfois même de vers ou de nouvelles perdues au cœur de recueils eux-mêmes oubliés. C’est le cas pour tel poème de Théo Varlet, tel récit enfantin de Jean Grave, telle nouvelle de Gabriel de Lautrec issue de son grand livre, La Vengeance du portrait ovale réédité en 1997. Il est jouissif de se noyer dans cette somme. On rêve d’avoir un jour l’occasion de le déguster au cœur même du terrier de Blaireau (Le Vent dans les Saules, Kenneth Grahame) ou de l’emporter dans son sac pour faire avec Roger Dévigne la campagne d’exploration qui permettra de découvrir (enfin) l’Atlantide.
Quand bien même on aurait les pieds sur la terre ferme, on trouve avec l’aide d’Altairac et Costes de quoi faire de somptueuses lectures dans tous les genres. Si la littérature de qualité aléatoire (Tomb Raider) emplit naturellement les dernières pages de l’ouvrage consacrées aux publications les plus récentes, la haute tenue des écrivains et savants signalés tout au long de la remontée chronologique font du travail d’Altairac et Costes une pièce essentielle de la bibliographie universelle. Rien de moins. S’il en fallait une preuve, la mention des plus fameux utopistes concevant des mondes inverses (ou des terres à dos de cétacé) ou des scientifiques tentant de savoir si la planète était creuse ou non devrait suffire à dénoter le caractère essentiel de la somme. Origines de l’espèce, devenir du monde, avenir de l’Homme : les heures écologiques qui arrivent trouveront là de quoi nourrir leur réflexion. Et pour commencer, la réédition par les éditions José Corti du Jour où la terre trembla d’Henry Rider Haggard (traduit de l’anglais et présenté par Jacques Finné, 431 pages, 22 ) tombe à point nommé. Pour autant, on ne révélera rien ici de sa monstrueuse toupie gyroscopique. Il vous faudra creuser.

Les Terres creuses Bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires
de Joseph Altairac et Guy Costes, Encrage-Les Belles Lettres, 800 pages, 60

Au sein de la Mère Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°81 , mars 2007.
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