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Jeunesse Prise au piège

juillet 2007 | Le Matricule des Anges n°85 | par Malika Person

Isabelle Rossignol met en scène la descente aux enfers, tambour battant, d’une jeune adolescente névrotique, au plus près de l’enferment mental.

Lire cette histoire secoue. Isabelle Rossignol ne compte pas épargner le lecteur pour aborder la névrose qui pourrit littéralement la vie de son personnage, Flore, qui raconte son histoire.
Si la timidité peut parfois ajouter au charme d’une jeune fille, elle peut aussi, à un certain degré, devenir invalidante, handicapante, surtout lorsque les manifestations physiques dépassent le simple rosissement des joues et sont de plus en plus prononcées et remarquables (rougissements, tremblements du corps, bégaiements, évanouissements…).
Flore, elle, ne se supporte plus, ce qui fait naître chez elle d’autres névroses psychotiques de plus en plus envahissantes.
C’est cet enchaînement de troubles profonds et leurs terrifiantes conséquences que relate ce roman glaçant.
L’écriture au scalpel, frontale, décrit froidement des scènes parfois insoutenables dans lesquelles Flore se brutalise, se blesse physiquement et se torture mentalement. L’histoire est saisissante, vertigineuse, non seulement par la teneur des descriptions précises des scènes de crises mais aussi parce qu’elle tient à un fil. Le fragile équilibre sur lequel est basé le roman risque à tout moment de basculer dans le voyeurisme ou encore, devenir une banale succession d’horreurs. Isabelle Rossignol fait avancer lentement le récit, dévoilant, par les comportements de plus en plus étranges de Flore comment la maladie, insidieusement, s’empare de la jeune fille. Le lecteur perçoit parfaitement le mouvement de l’étau se resserrant. La marge de manœuvre de Flore est de plus en plus rétrécie, jusqu’à devenir quasi nulle, révélant la toute-puissance d’une schizophrénie ravageuse (une voix intérieure nommée le Capitaine) qui traduit le profond désespoir de l’adolescente ne sachant plus que faire d’elle-même. Elle se débat faiblement et le combat contre elle-même, le lecteur le sait, est perdu d’avance.
À ce moment du récit, l’aide ne peut qu’advenir de l’extérieur. Flore est amoureuse de Sylvain mais sa timidité la rend très vulnérable. Elle se déteste, se trouve laide à rosir comme un porc à chaque fois qu’elle croise dans le collège le garçon qu’elle aime. Elle le repousse de tout son être lorsqu’il tente de l’approcher, traduisant l’intérêt qu’il lui porte pour de la pitié. Elle se déteste, s’insulte, se gifle, se griffe, hurle après elle-même, prend des ciseaux et… dans un accès de folie, coupe sauvagement ses cheveux, laissant paraître aux yeux de tous sa souffrance.
L’appel au secours est incompris par ses parents qui l’envoient dès le lendemain au collège. Flore vit des chocs successifs qu’elle ne sait ni ne peut analyser, avec lesquels il lui est impossible de prendre de la distance. Elle pénètre dans la sphère paranoïaque, se dévalorise davantage, pense qu’elle ne peut que toucher le fond avant de mourir bientôt.
Des pensées suicidaires qui lui caressent l’esprit, se révélant plus douces que les souffrances dans lesquelles elle se débat. Rien ne la raccroche à la vie. Le monde lui est hostile, ses parents sont des crétins, sa meilleure amie une étrangère. Son regard sur son environnement est implacable. Elle n’a aucune indulgence, pas même pour Sylvain qu’elle imagine dans l’avenir ressembler à Monsieur tout le monde.
Folie et amertume cohabitent dans sa tête. Le cocktail menace d’être explosif de manière imminente mais une lueur d’espoir incarnée par Sylvain apparaît.
Flore tente de résister à l’amour face à ce garçon tenace et armé d’une maturité extraordinaire. Le lecteur veut croire à ce jeune chevalier des temps modernes aussi peu crédible soit-il parfois et qui donne à ce récit réaliste et cru un parfum de conte salutaire.

TÊte nue
d’Isabelle
Rossignol
L’École des loisirs, « Médium »
128 pages, 8,50

Prise au piège Par Malika Person
Le Matricule des Anges n°85 , juillet 2007.
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