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Domaine français La grande secousse

juillet 2007 | Le Matricule des Anges n°85 | par Richard Blin

À première vue le deuxième roman de Jean Billeter n’a rien à voir avec le premier, Dans la chambre du pornographe (cf. Lmda N°60). De l’évocation d’une enfance cauchemardesque nous passons ici à une comédie de mœurs drôle et très enlevée. Sur le mode du récit autobiographique, une femme d’aujourd’hui s’apprêtant à fêter ses 49 ans, ressent le besoin de faire le point. Petite-fille d’immigrés russes un sibérien aux yeux de chasseur de fourrure et une babouchka mongole elle est la fille d’une mère qui n’aura cessé de la considérer comme « un accident » l’ayant empêchée de devenir la grande ballerine qu’elle rêvait d’être. Photographe spécialisée dans les nus féminins en noir et blanc « Je photographie mes modèles en cadrant aux épaules et aux cuisses, jamais leurs visages, rien que des femmes sans tête, sans défense, dans les plissures d’un drap blanc, les mains gantées de noir », elle peut se montrer aussi exaltée que les héroïnes de Pouchkine. N’aimant que les pays nordiques, et à jamais marquée par les histoires que lui racontait son grand-père, celle de la Biche Fauve comme celles du Loup Gris, « ce grand esprit de la steppe », ou de Raspoutine, « ce moujik à demi illettré devenu le favori de la tsarine », elle est en quête d’une Sibérie chimérique, dont « la grande secousse, sibirski lioubov ! l’amour à la sibérienne », fait partie. Ce bonheur tant envié, elle va le connaître avec un jeune Indien dont elle sera la victime « continûment dévorée et consentante ». Autour de ce thème central et de sa dimension incestueuse, Jean Billeter multiplie échos, contrepoints et récits dans le récit nous donnant à découvrir une chronique familiale tout autant que l’univers social des fatuités parisiennes. Féroce et hilarant. Mais sous les jeux de la réalité et de l’illusion, et sous le triomphe de l’image qu’il s’agisse des photographies ou de celles qui relèvent des codes sociaux ou des préjugés se cache une satire ironique des travers et des symptômes de la pose. Mélange de profondeur et de légèreté, de lucidité et de fantaisie, qui n’est pas sans faire écho aux fêlures et aux dissonances dont résonnait déjà la chambre du pornographe.

Raspoutine et la biche fauve de Jean Billeter, Jacqueline Chambon, 224 pages, 17

La grande secousse Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°85 , juillet 2007.
LMDA papier n°85
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