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Dossier Jean-Pierre Ostende
Comment j’ai réussi à ne pas comprendre mon fils

octobre 2007 | Le Matricule des Anges n°87 | par Jean-Pierre Ostende

À l’occasion de l’exposition « Enlarge your practice » qui s’est achevée le 15 septembre dernier à Marseille, la friche La Belle de mai a commandé un texte à Jean-Pierre Ostende dont voici un extrait.

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir la visite du fantôme de Pieter Bruegel qui virevolte partout comme un chef pendant la visite d’une belle exposition (« Enlarge Your practice »). Je lui raconte comment certains blancs garçons de l’occident urbain sautent dans les buissons, glissent, chutent, filment, photographient, mettent en ligne, téléchargent. Bruegel adore.
Je lui dis que nos sociétés contemporaines veulent communiquer partout et tout le temps et finissent par créer des manières d’autistes persuadés que tout le malheur des hommes est de ne pas pouvoir rester seul devant leur ordinateur à downloader dans leur chambre.
Je lui dis aussi que nos sociétés qui sont hantées par la technologie, l’efficacité, la réussite, le professionnalisme, la sécurité, le principe de précaution, fabriquent en série des amateurs maladroits en échec et en danger.
Mais rien n’empêche Bruegel de filer entre les colonnes, à deux mètres au-dessus du sol. (…)
Il a toujours aimé les sports de glisse, le patin à glace par exemple (et c’est souvent par ce genre de peinture qu’il est si connu). Il a aussi toujours aimé les manifestations de foule où ça déborde, tout rassemblement de gens qui font les crétins, les couillons (qui le font mais ne le sont pas forcément), un carnaval par exemple ou pour jouer, tout ça l’enthousiasme, lui donne comme on dit dans certains milieux d’affaires « la banane » et il aurait aimé peindre le pogo et voir Jackass (émission diffusée originellement sur MTV, produite en 1999, où de jeunes adultes multiplient les cascades humiliantes, les tests ridicules, sans autres buts que de rire (…)) parce que cette espèce de niaque dans l’échec et la chose qui foire le ravissait. D’autre part, vous le savez, c’était aussi un immense champion pour faire des tableaux où il n’y a pas de héros, où aucun personnage n’est mieux placé que les autres, le roi des tableaux sans héros et cette exposition c’est ça aussi, la disparition totale du héros, c’est ça qui est émouvant, aussi émouvant que le repli cellulaire, sous le casque, devant l’écran, dans la chambre, avec un jeu de rôles, une simulation, un jeu vidéo, tout ce qui donne aux chambres un air d’espace psychotique aménagé.
J’ai aussi pensé à vous, mon cher Paul, et à votre traité inédit intitulé : « Comment j’ai réussi à ne pas comprendre mon fils » que je ne résiste pas à citer :
« La jeunesse n’est pas une pathologie. Mais une invention. Longtemps les adolescents n’ont pas existé ni les enfants d’ailleurs, il y a des livres là-dessus. Au XXIe siècle la jeunesse dure jusqu’à l’âge de trente-cinq années terrestres… et comment tuer le temps ? Après que mon fils Gordon, non sans savoir que monter le son fait baisser la pensée, a écrit son tube » L’asile le plus sûr est le cœur d’une mère « (La Présence, éditions Gallimard, 2007) et qu’il a voulu créer, pour le lendemain de la fête de la musique, la » fête du couillon « il s’est tant enfermé dans sa chambre avec...

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