La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Allah Ba !

mai 2008 | Le Matricule des Anges n°93 | par Virginie Mailles Viard

Dieulefit ou Miracle du silence

Elles étaient 2500 âmes dans ce village de la Drôme provençale. Au plus fort de la sauvagerie nazie, par un prompt mouvement de résistance, elles se retrouvèrent 5000. Juifs, communistes, résistants, orphelins… tous les parias trouvèrent refuge à Dieulefit ; pas un ne fut arrêté ou déporté. « Au fond, nous étions un petit pays tranquille, un cercle fermé, mais les gens de Dieulefit n’ont jamais rien dit. On pourrait appeler ça : le miracle du silence. »
Anne Vallaeys promène son pas d’historienne dans ce village emblème de la résistance. « Je me suis laissée porter vers des passages minuscules, percés dans les façades ; alors une autre ville s’est dévoilée, en ruelles sombres, toutes de voûtes et d’arcades. On dirait les nervures d’une feuille de mûrier. »
Derrière les corridors de l’école libre de Beauvallon, on croisera les demoiselles Marguerite Soubeyran et Catherine Kraft. Elles créèrent cette Thélème utopique où sous les bombardements on écoutait Mozart, où Henri-Pierre Roche écrivit les premières lignes de Jules et Jim. Au fond de la mairie œuvre Jeanne Barnier, secrétaire devenue faussaire pour couvrir les réfugiés. « Equipée de caractères de caoutchouc, de pinces typographiques, elle fabriquait des sceaux de bien des communes de France ».
Le massif du Vercors, les montagnes de Poët-Laval et de Saint-Maurice nicheront les pourchassés. Pas un lieu, pas un habitant, ne fermera sa porte aux proscrits du régime de Vichy. Dieulefit, « capitale intellectuelle et esthétique de la liberté », fut le havre de Louis Aragon et d’Elsa Triolet, d’Emmanuel Mounier fondateur de la revue Esprit, du poète résistant Pierre Emmanuel. À l’instar des Sarrasins qui autrefois envahirent cette contrée, ils ont pu dire « « Allah Ba ! » face à ce décor (…), Allah pour « Dieu », Ba pour « Il l’a fait » ».

Dieulefit ou le miracle du silence d’Anne Vallaeys
Fayard, 248 pages, 19

Allah Ba ! Par Virginie Mailles Viard
Le Matricule des Anges n°93 , mai 2008.
LMDA papier n°93
6.50 €
LMDA PDF n°93
4.00 €