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Dossier Marie Didier
Écriture chirurgicale

juin 2008 | Le Matricule des Anges n°94 | par Thierry Guichard

Ce qui frappe chez Marie Didier, c’est la précision du trait et l’exigence du dire. La preuve par trois livres où la médecine tient lieu de motif et la vie d’horizon.

Depuis de longues années, ce désir à peu près quotidien, tour à tour hésitant, encombré de lui-même, retenu, vivace, ce désir est là : désir de dire pour voir : voir le mouvement du dedans, silencieux, caché, qui va se prendre avec celui de leur histoire, de leurs mots, de leurs regards. » La première phrase de Marie Didier, celle qui ouvre Contre-visite, est programmatique. Elle dit, déjà, ce que sera l’œuvre à venir, sur quelles énergies elle va se bâtir. Les autres, leur vie, soi-même, et ce qui bouge à l’intérieur de sa propre conscience. L’écriture fait ce lien, de l’autre à soi, de soi aux autres et elle vient éclairer le sens de vivre au présent.
Contre-visite (1988) fait penser au très beau L’Excès-l’usine de Leslie Kaplan, paru six ans plus tôt. Ici, ce n’est pas des ouvrières ou de l’usine qu’il est question. Mais d’un cabinet de médecine dans un quartier populaire, d’un camion sanitaire dans un camp gitan, d’une chambre où l’on meurt, et de la vie, aussi, qui déborde des lignes et saisit le lecteur. Ce sont des bribes de discussions, des tutoiements de l’auteur qui sonnent comme des hommages, de la précision aussi dans le trait. C’est une matériologie qui monte du livre, où l’on croise par exemple Maria dont l’existence est si brute, quelle se fout « de la retraite et de la sécurité, qu’elle soit sociale ou pas. Tu n’as rien et tu te tiens comme une reine. » Il y aurait quelque chose des photos ou des reportages de Raymond Depardon dans ce premier livre si ce n’est que l’auteur livre des bribes de sa propre vie, dont ses souvenirs d’hôpital à Alger, des larmes qu’elle y versa après la mort d’un enfant : « mes mains gantées arrachaient le cœur, les poumons, les jetaient dans le seau qui était rouge, cerné de blanc. Je pleurais sans un bruit ».
Dans ce récit fragmenté, Marie Didier évoque quelques écrivains et poètes. Elle cite Miguel Torga qui parlait de l’écriture comme d’une « purge » et Mathieu Bénézet : « Redis ta joie si tu n’es pas surveillé par la mort. » Peut-être alors, de l’un à l’autre s’inscrit ici toute l’ambition de l’auteur : purger la vie de ce qui l’encombre pour tenter de toucher à la joie.
Ce que Marie Didier montre Dans la nuit de Bicêtre, c’est l’attitude coupable des hommes vis-à-vis d’eux-mêmes, ce reniement de l’autre qui est un reniement de soi.
La médecine et la maladie sont au cœur de deux autres de ses livres. C’est le cancer d’abord, dans La Bouilloire russe. Ce roman irrigue, en quelques pages, deux thèmes majeurs de l’œuvre de Marie Didier : le rapport à la vie que la maladie provoque et la passion amoureuse, deux thèmes tressés ici dans la confession d’un médecin atteint d’un cancer du côlon. C’est un roman au contraste saisissant : d’un côté la peur, non tant de la mort que de la déchéance, de l’autre le récit d’une passion conjugale sans tabou. Les deux voies sont explorées avec une cruauté sans ombre. En peu de mots, l’essentiel est mis à nu.
Dans la nuit de Bicêtre...

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